lundi 30 novembre 2009

Problème de ton

Le monkolé est une langue tonale c'est-à-dire qu'il y a trois tons pour prononcer certains sons. Et différents tons peut signifier différents sens. Cela crée deux difficultés: la première est d'entendre les différents tons et la seconde est de prononcer les différents tons.
Dans certains cas, on a aucune marge d'erreur car trois tons différents donnent trois mots différents. Un exemple avec le mot kpã.

Première difficulté, le son 'kp' qui n'existe pas dans la langue française et j'ai encore beaucoup de mal à le faire sortir.

Ensuite, il y a trois tons possibles pour le son 'ã' (qui se prononce [an] à savoir un ton montant (ou haut), descendant (ou bas) ou un ton normal. Pour chacun de ces tons on a trois verbes de sens différents et sans relation entre eux:
  • kpã avec un ton normal puiser
  • kpã avec un ton haut balayer
  • kpã avec un ton bas signifie porter au dos
Et pour compliquer un peu plus, il y a aussi kpãa qui signifie le chemin ou la voie.

Pour finir, j'ai dit qu'il n'y avait pas de relations entre les trois exemples de kpã ce qui est un peu faux car on peut construire la phrase suivante:

Esther í kpã Benjamin n> í kpã inyi n> í kpã ile

Soit en français, Esther a porté Benjamin au dos, a puisé de l'eau et a balayé la pièce). Noter qu'à l'écrit, on ne marque pas les tons.

PS: n> se dit [non] et signifie 'et' et '>' remplace un caractère spécial.

dimanche 29 novembre 2009

tones

Monkolé is a tonal language with three tones (high, low and normal). Tonal language means that a word can have different meanings depending on the tone.

Sometimes it is really difficult because the three tones can be used. This is the case with the word kpã. kpã can be pronounced with three tones:
  • kpã with a normal tone means to draw water
  • kpã with a high tone means to sweep
  • kpã with a low tone means to carry someone on one's back

Because when monkolé is written, tones are usually not indicated you can have this sentence:

Esther í kpã Benjamin n> í kpã inyi n> í kpã ile

It means Esther carried Benjamin on her back, drew water from the well et swept the floor.

PS: n> means 'and' and > replaces a letter that doesn't exist on our keyboard.

dimanche 15 novembre 2009

Chute du mur et Bénin

Le 9 novembre 2009, c'était la célébration du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin.
Au Bénin, pour suivre les informations j'écoute principalement RFI (Radio France Internationale) et à l'occasion de l'anniversaire de la chute du mur, on a aussi parlé des conséquences de cet événement au Bénin et en Afrique.

En effet, plusieurs journalistes (français et africains) et plusieurs politiciens ont rapproché et lié deux événements: la chute du mur de Berlin et le changement de régime politique au Bénin avec l'abandon du marxisme-léninisme.
Tous s'accordent à dire que ce qui s'est passé en ex-Allemagne de l'Est a accéléré les changements au Bénin. Un ancien proche du président Kérékou n'hésitait pas à dire que l'abandon du marxisme-léninisme par le Bénin est l'équivalent africain de la chute du mur à Berlin.

Enfin, suite à l'abandon de la doctrine marxiste qui a eu lieu le 7 décembre 1989, s'ouvrait, en mars 1990, la Conférence Nationale et l'instauration du pluralisme.

lundi 9 novembre 2009

Des invités à la maison

Un soir on a soudainement eu des personnes en plus dans la maison. En effet, Simon nous a dit en début d'un repas qu'il ne pouvait pas manger car un tigre venait de manger son toast. Il a alors fallu que je gronde le tigre pour que les choses rentre dans l'ordre.

Depuis, Simon promène le tigre en laisse et on doit faire attention à prendre le tigre dans la voiture quand on se déplace. On doit aussi faire attention à ne pas fermer les portes trop vite pour ne pas coincer le tigre.

Et après cela, on a accueillit Piglet (Porcinet) – la maison est une vraie ménagerie et ça bouscule nos habitudes. En effet, le matin, après avoir levé Simon pour l'amener dans le salon je dois aller chercher (et porter) Piglet puis Tigre (Simon me rappelle à chaque fois qu'ils ne sont pas lourds).

Je me demande si tout cela n'est pas l'effet du dessin animé préféré de Simon (Charlie et Lola). Dans ce dessin animé Lola a un ami imaginaire qui s'appelle Soren Lorensen qui est partout avec Lola.
Et puis quand on était en Angleterre, il y avait une forêt où on pouvait voir la maison de Winnie. Si vous ne me croyez pas, regardez la photo de Simon devant la porte de la maison de Winnie.

La photo à faire c'est celle de Simon en train de se promener avec les deux mains en arrière, Simon en train de tenir en laisse Piglet et Tigre.

PS: dans le tronc d'un arbre de la concession de la mission, Simon a trouvé la maison béninoise de Winnie.

PPS: contrairement à ce que je pensais, le Tigre de Simon n'est pas Tiger de Winiie l'ourson mais le héros du livre The Tiger Who Came to Tea (de Judith Kerr)

vendredi 6 novembre 2009

Octobre en un post

Le mois d'octobre s'est écoulé rapidement et avec quelques frustrations (donc tout est normal).

L'internet a connu des bas et du coup la publication de posts et l'envoi de messages s'en sont ressentis (et c'était une frustation quand après 5-6 jours on n'arrive pas à envoyer de messages - serait-on accro aux mails?).
Concernant les posts non publiés ce n'est pourtant pas faute d'avoir des choses à écrire. En effet, les cours de langues sont toujours très intéressants et on a appris plein de détails culturels intéressants.

On a eu aussi des moments plus durs en cours avec un peu de saturation face à tout ce qu'on apprend (et qu'on a parfois du mal à comprendre). En fait, même si j'appréhende le moment où on sera exposé constamment à la langue monkolée, on est un peu en manque de pratique et en manque d'oral. Heureusement, une dame monkolophone a commencé à garder Simon et donc elle nous parle en monkolée et parfois je lui parle un peu en monkolé. Dans l'ensemble la communication se fait et j'arrive à la comprendre dans des conversations simples.

A côté de cela, les garçons nous ont bien amusés et occupés. Simon parle, parle et parle (en français, en anglais, en monkolé). Il est devenu plus indépendant et plus sûr de lui. On le voit fréquemment se promener tout seul dans la concession, aller voir des gens et parler avec eux.

Pour finir, j'ai ressenti pour la première fois l'éloignement de l'Europe quand j'ai lu des messages d'amis qui parlait de froid, de gel, de passage à l'heure d'hiver. En effet, nous ont est en train de sortir de la saison des pluies donc les températures ont commencé à monter (plus de 30°C) et là on voit qu'on est dans un environnement très différent. En utilisant une autre de certains pays d'Afrique de l'Ouest, là où l'Europe s'approche de l'hiver, on sort de l'hivernage (autre nom de la saison des pluies).

Tags: moietfamille, nouvelles, benin

mardi 13 octobre 2009

Ce que m'apprend l'apprentissage du Monkolé


Apprendre le Monkolé ce n'est pas seulement apprendre à communiquer c'est aussi apprendre des choses sur la culture monkolée et la façon de voir le monde mais c'est aussi apprendre des choses sur soi.

Le Monkolé est une langue tonale ce qui veut dire qu'un même son peut être prononcé sur trois tons différents. Ainsi, la lettre 'e' donne le son [é] mais on a les trois possibilités suivantes qui s'offrent alors:

  • e = se dit ['é']
  • é se dit [é] avec un ton montant
  • è se dit [é] avec un ton descendant

Bien sûr, comme on peut l'imaginer facilement, le sens du mot change en fonction du ton. Ainsi, ilé désigne la pièce ou la case mais ilè désigne le voleur (et dans les deux cas é ou è est le son [é]).

Un exercice intéressant qu'on a fait une seule fois est de faire une dictée. C'est intéressant car ça demande de faire très attention aux sons que l'on entend et ensuite de chercher à retranscrire les sons que l'on entend.

C'est comme cela que je me rends compte que mon audition doit se perfectionner pour saisir les subtilités de la langue. Pour être honnête, parfois dans une conversation, le contexte de la phrase lève toute ambiguïté sur le mot. Et dans le même ordre d'idée ce n'est pas seulement l'audition qui doit s'affiner mais aussi la capacité à produire les différents tons, et ça c'est difficile!


J'ai redécouvert combien je suis perfectionniste et c'est pas toujours un avantage. En effet, je suis capable de passer dix minutes à essayer de prononcer différemment deux sons très semblables même quand notre enseignant, pourtant très pointilleux propose une autre solution

Je me suis rendu compte que je suis aussi ultra-lettré c'est-à-dire que mes modes d'apprentissage, de compréhension et de réflexion passent en quasi-totalité par l'écrit ce qui n'est pas facile pour apprendre une langue. C'est pour cela que dès qu'on apprend un nouveau mot ou qu'on apprend un nouveau type de phrase. Ce qui est intéressant c'est que là où Simon apprend le français, l'anglais, le Monkolé ou le Baatonou juste en écoutant, moi il me faut un papier et un crayon en plus de mes oreilles.


Enfin, certains soirs on a découvert un peu des difficultés des conditions d'étude en Afrique. En effet, quand on a des coupures de courant c'est plus difficile de travailler, de relire ses cours et ses notes etc. à la lueur d'une bougie. Mais cela ne nous est pas arrivé souvent, fort heureusement.


PS: j'ai utilisé le terme ultra-lettré ce qui est surement un anglicisme car je ne savais pas comment traduire ultra-literate. Et la photo est une photo prise devant notre maison qui montre combien la végétation a apprécié la saison des pluies.

dimanche 11 octobre 2009

Apprendre en pratique

Une difficulté dans notre apprentissage du Monkolé c'est que l'on se trouve à Parakou et que les monkolés vivent dans le Nord du Bénin. Il y a donc peu de monkolophones à Parakou. Cependant grâce à un de nos collègues on a pu rencontrer notre tuteur.

On ne peut donc pas faire de l'immersion totale, parfois considérée comme une méthode possible d'apprentissage. Même si les cours sont très utiles, ils servent à poser de bonnes bases et à acquérir du vocabulaire. Mon côté pessimiste s'attend à vivre un choc linguistique avec l'impression de ne rien comprendre et de ne pas pouvoir s'exprimer.

On a une séance quotidienne de 3 heures au cours de laquelle on a d'abord travaillé sur des dialogues qui permettent de travailler la prononciation, le vocabulaire et la grammaire. Il y a beaucoup de répétitions et en plus notre enseignant n'hésite pas à introduire des mots nouveaux et des expressions nouvelles.
Depuis plusieurs semaines on construit des phrases et on essaye de dialoguer. Et plus récemment encore, on s'est attaqué à des problèmes grammaticaux (pas forcément la partie la plus facile et la plus rigolote).
Et puis comme on fait le LCL (Language and Culture Learning) on a aussi des discussions sur la vie au village.

Le défi c'est ensuite de prendre le temps de tout travailler et de revoir le vocabulaire.

Et pour finir sur une note positive, on est allé il y a trois semaines dans le village de Pèdè et on a réussi à saluer les gens en Monkolé et aussi à comprendre des bouts de conversation. Donc petit à petit les choses rentrent.