mardi 21 mars 2017

Déguerpissement

Une partie non négligeable de l'économie là où nous nous trouvons est informelle. C'est ce qui explique, en partie, le fait que l'on trouve partout des petites boutiques qui vendent beaucoup de choses différentes.
C'est tout particulièrement le cas le long des routes principales.

Récemment il semble que les autorités aient décidé de remettre de l'ordre dans l'organisation de l'espace urbain. Une première mesure se traduit par des opérations de déguerpissement.
Une telle opération a commencé à Kandi il y a quelques semaines. En quelques jours, tous les commerces qui se trouvaient le long des voies principales ont été priés de partir et ensuite les boutiques (plus ou moins solides) ont été détruites. La raison de ces destructions est que les boutiques étaient construites illégalement sur le domaine public.



Du coup le centre ville a l'air dévasté (et en plus beaucoup des boutiques que nous avions l'habitude d'utiliser ont disparu).



Il semble que ces opérations de déguerpissement provoquent des débats. Il est évident que des familles ont perdu toute source de revenus pour le moment (et ont peut-être perdu une partie de leur outil de travail).
D'autres, notamment ceux qui ont acheté des parcelles pour construire leurs boutiques, voient dans ces opérations le règlement d'une injustice mais aussi peut-être une occasion de voir le tri se faire dans la concurrence.
D'autres encore considèrent que les autorités devaient agir rapidement sinon les boutiques auraient été encore là pour des années.

En tous cas nous allons devoir essayer de retrouver certains magasins qui ont disparu pour le moment et qui sont peut-être en train de se réinstaller ailleurs.

mercredi 8 mars 2017

Anges gardiens?

Nous habitons assez près d'un grand parc naturel (mais jusqu'à présent nous n'en avons pas beaucoup profité pour aller observer des animaux).
Ce que nous avons découvert c'est que ce parc sert aussi de refuge à des braqueurs qui attaquent des véhicules pour voler de l'argent ou des objets précieux. La circulation routière entre chez nous et le nord du pays est dangereuse la nuit.

Récemment les autorités ont augmenté les patrouilles le long de la route et la route elle-même est bloquée la nuit pour éviter que les chauffeurs de taxi et les chauffeurs routiers ne soient exposés à des attaques.
Or il y a un barrage qui se trouve à quelques centaines de mètres de chez nous. On se dit donc que l'on est proche de la police ce qui est un point positif.

On s'est aussi rendu compte que l'on a des anges gardiens qui passent la nuit le long de notre propriété. En effet, les chauffeurs routiers qui ne peuvent pas circuler cherchent à passer la nuit près du barrage pour pouvoir repartir le plus vite possible le matin.
On a donc des files de camions qui nous protègent dans la nuit.



La contrepartie est que nos fins de nuit sont sonorisées par le bruit des moteurs qui redémarrent et attendent de pouvoir partir, par le bruit des klaxons des bus qui essaient de doubler les camions, par le bruit des klaxons des camions rapides qui veulent dépasser les camions lents, par les cris des chauffeurs etc.

En tous cas, à défaut de sommeil calme on a la sécurité.

La photo est celle d'une file de camions et de bus qui se préparent à partir le matin (j'ai augmenté la luminosité pour que l'on distingue un peu les véhicules).

jeudi 2 mars 2017

Problèmes de connexion

Pendant les années 2013-2014 je parvenais à mettre à jour régulièrement ce blog. J'avais même essayé de publier un post par semaine. Depuis le retour au Bénin je n'y suis pas parvenu à maintenir un tel rythme (loin s'en faut). A cela il y a plusieurs raisons mais une domine et est le sujet de ce post: les difficultés croissantes à accéder à internet.

Il y a un risque à écrire: "
les difficultés croissantes à accéder à internet". En effet pour beaucoup cela peut signifier ne pas parvenir à télécharger un film; ne pas parvenir à regarder les dernières vidéos importantes sur YouTube en HD ...
Dans notre cas, "
les difficultés croissantes à accéder à internet" signifient ne pas parvenir à envoyer un mail après cinq tentatives.

Lorsque nous sommes arrivés au Bénin en 2009 c'était difficile de se connecter. Petit à petit on a vu la situation et la connexion s'améliorer. En 2015 on arrivait à se débrouiller même à la maison et on savait que la 3G était à quelques kilomètres de chez nous (lire ici).

Si dans les premiers mois après notre retour les choses allaient (on devait quand même se déshabituer de la connexion en Europe), depuis deux ou trois mois c'est devenu difficile. C'est devenu difficile au point où déposer les évaluations scolaires des enfants est compliqué, leur faire faire des activités de soutien l'est encore plus ...

Les raisons de ces difficultés sont assez simples: de plus en plus de gens utilisent internet et les réseaux (notamment 2G - ceux que nous utilisons) ne sont plus la priorité.
Par contre, les améliorations ne risquent pas de venir avant longtemps (c'est mon pessimisme naturel qui parle).

mardi 7 février 2017

Erratum (Or blanc et les problèmes qui vont avec)

Je viens corriger une erreur qui se trouve dans mon dernier post (Or blanc et les problèmes qui vont avec).
A la fin de ce post je mentionnais qu'il y avait beaucoup d'incendies de tas de coton dans notre région mais précisait que, selon ce que m'avait dit un de mes amis, c'était des accidents plutôt que des actes de malveillance.

Même après avoir écrit cela j'avais un doute quant au fait d'avoir bien compris ce que me disait mon ami car la discussion se passait en monkolé. Pourtant je me souvenais qu'il m'avait donné des exemples de tas qui avaient accidentellement brûlés.

Hilary a eu l'occasion de reparler de cela avec notre pasteur qui est aussi un de ses collègues de travail et il a dit que beaucoup de ces incendies étaient d'origine criminelle. Je pense que l'ami avec lequel j'avais parlé ne voulait pas trop insister sur ce point et préférait parler des accidents.

Une des choses qui paraît terrible c'est que mettre le feu à un tas de coton n'a aucun intérêt pour celui qui le fait. En effet on ne gagne rien à brûler du coton.
Dans le même temps, la personne dont le tas a brûlé perd toute sa récolte et se retrouve avec des dettes car elle a acheté les graines et les intrants (engrais et insecticides) à crédit. Ces frais sont débités du produit de la vente de la récolte.


mardi 17 janvier 2017

Or blanc et les problèmes qui vont avec

La campagne cotonnière est bien engagée (lire ici); tous les jours nous voyons des camions chargés de coton qui circulent vers les usines d'égrenage.

Il y a quelques semaines nous sommes allés visiter des amis qui vivent dans une autre région du Bénin, région elle aussi productrice de coton.
Durant le voyage nous avons vu de très grands tas de coton à l'entrée de certains villages. Voir de telles quantités de coton rappelle que parfois on a parlé de la production de coton comme de celle d'un "or blanc".
Evidemment un or blanc un peu différent de celui des stations alpines.



Ces tas de coton sont le résultat de la mise en commun de la récolte par plusieurs producteurs, vraisemblablement les producteurs du village. Ensemble ils font le pesage du coton, le stockage et l'expédition pour laquelle ils font appel à des transporteurs.
Une fois la récolte vendue les frais (pesage, gardiennage, transport) sont partagés et l'argent restant est distribué entre les participants.

Si ces tas sont gardés c'est qu'il représente une valeur marchande importante. D'ailleurs, l'une des craintes des producteurs est que ces tas prennent feu et qu'alors tout soit perdu.
Ainsi des panneaux interdisant de fumer à proximité sont présents.



Un de nos amis disait d'ailleurs que cette année beaucoup d'incendies ont eu lieu, le plus souvent sans cause criminelle mais plutôt par défaut de surveillance.

mardi 10 janvier 2017

Le piège de la journée continue

Ici au Bénin, la veille d'un jour férié nombreuses sont les administrations et les banques qui font la "journée continue".

Ma première pensée en entendant cette expression était que les horaires étaient modifiés pour faciliter les démarches avant un jour férié. J'avais raison sur un point et tort sur un autre.

Certes les horaires sont modifiés comme je l'avais imaginé mais c'est plutôt pour faciliter (ou anticiper) le début du jour férié pour les employés.
Ainsi l'agence locale de ma banque est ouverte de 8h00 à 18h00 du lundi au vendredi (et le samedi matin) mais lors d'une journée continue, l'agence est ouverte de 8h00 à 13h00!
Je me suis fait avoir il y a quelques mois et un de mes amis s'est fait avoir il y a quelques jours.

vendredi 30 décembre 2016

Abécédaire (très très partiel) de l'année 2016

Alors que l'année 2016 touche à sa fin, plutôt que de me lancer dans une liste de bonnes et mauvaises expériences, voici un abécédaire (très incomplet) consacré à des mots et des événements importants pour notre famille au cours de l'année écoulée.

A comme anniversaires. L'année 2016 a été riche en anniversaires importants.
Nous avons d'abord eu la joie d'être présents pour les 30 ans de notre église (Eglise Evangélique de Villers-lès-Nancy). A quelques mois d'écart Hilary et moi avons fêté nos 40 ans. Enfin, nous avons fêté les 10 ans de Simon. Peut-être plus encore que fêter 40 ans, célébrer les dix ans de notre aîné représente une étape importante.

B comme (au choix) Brexit ou Bruxelles. Difficile de choisir entre les deux mots qui ont tristement marqués l'actualité.
Nous sommes allés visiter des amis à Bruxelles le week-end après les attentats du 22 mars. Même si nous avons passé de bons moments avec eux, c'était un peu étrange de se promener dans le centre de Bruxelles juste après que le métro soit remis en service.
Quant au Brexit, cela aura été une très mauvaise surprise; on ne s'attendait pas à cela. Nous verrons dans les années à venir comment cela nous affectera.

C comme Cuisine ou faire la cuisine. C'est plus facile de faire la cuisine en France et j'en ai un peu profité. C'est, en effet, plus facile de trouver des recettes et surtout beaucoup plus facile de trouver les ingrédients. Du coup j'ai tenté quelques expériences comme faire un gigot d'agneau pour le Nouvel An.

D comme danse et spectacle de danse des enfants. Le fait de passer une année scolaire complète à l'école aura permis aux enfants de faire de nouvelles expériences. Parmi celles-ci il y aura eu le concert de leur école où les différentes classes chantaient ensemble.
Il y a aussi eu lors de la kermesse de fin d'année (voir K) le spectacle de danse où chaque classe présentait un chorégraphie basée sur une chanson.

I comme Internet ou plutôt problèmes avec internet. Le retour au Bénin s'est bien passé mais une chose importante semble ne pas s'être amélioré en notre absence: l'accès à internet. Certes dans les centres urbains il est possible de se connecter facilement mais chez nous cela devient de plus en plus difficile.

K pour KFC ou kermesse. Si passer une année en France a été l'occasion de faire des expériences culinaires (voir C), les enfants en ont aussi profité pour découvrir les restaurants KFC et ils ont beaucoup aimé. Du coup le séjour à Nancy aura commencé et fini par un repas chez KFC.
Mais K peut aussi être les kermesses des écoles, deux fêtes destinées à célébrer les fins d'années et deux fêtes qui donnent encore de bons souvenirs aux enfants (et aux parents car on était impliqué dans l'organisation de l'une d'elles).

M comme Mille Bornes. J'ai la réputation (méritée) de ne pas aimer jouer. Néanmoins quand les enfants ont découvert le jeu de Mille Bornes quelques semaines avant de quitter la France je me suis rappelé de bons souvenirs et c'est donc un jeu qu'on leur a offert à Noël. Il semble que ce soit déjà un favori.

N comme neige. Même si l'hiver 2015-2016 n'aura pas été très froid (ce dont on ne s'est pas plaint) il y aura eu un peu de neige. Suffisamment de neige pour que nous fassions une sortie dans les Vosges avec au programme descentes en luge, ballade dans la neige et repas en terrasse face à la neige et sous un grand soleil.

S comme Stourhead. Durant le mois de juillet Hilary a voulu que nous allions en famille passer la journée à Stourhead qui est une grande propriété ouverte au public (parc et chateau). Sous un très beau soleil nous avons régalé nos yeux de superbes jardins à l'anglaise.



Mon fond d'écran (ou plutôt une vue du parc de Stourhead)


T comme Turkish Airlines. Nous sommes revenus au Bénin avec un vol de cette compagnie. Si le voyage était compliqué et comprenait une halte de 8 heures à Istanbul, Turkish est, dans notre expérience, la meilleure compagnie aérienne pour l'accueil des enfants. On donnera une mention spéciale pour les cadeaux donnés aux enfants et qui étaient différents dans les deux vols pris (cadeaux pour la nuit et cadeaux pour la journée).

V comme Village. 2016 aura aussi été l'année du retour au village après une année d'absence. Revenir au village c'est retrouver un certain nombres de limitations. C'est aussi devoir retrouver des automatismes (filtrer l'eau, pomper l'eau ...). C'est, enfin, retrouver nos amis et cela a été une très grande joie.