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dimanche 5 avril 2020

Au revoir à une bonne voiture

Lors que nous sommes arrivés à Parakou au milieu du mois dernier (voir les détails ici) une des premières choses que nous avons faites a été de vendre notre voiture.
Même si nous ne savons pas combien de temps nous resterons à Parakou nous avions déjà organisé la vente de notre véhicule.

En fait, nous avions déjà un acheteur pour cette voiture le mois après en avoir fait l'acquisition il y a quatre ans.

Quelques semaines avant que nous ne revenions au Bénin en 2016 Hilary et Benjamin avaient vu une Nissan X-Trail et avaient estimé que ce serait une bonne voiture pour nous au Bénin.
Etant d'accord avec leur avis j'avais contacté un transitaire que je connais et il a été regardé dans les parcs de voiture d'occasion à Cotonou. Après quelques échanges de photos et d'avis par Whatsapp il avait acheté un Nissan X-Trail.

Quand en août 2016 nous sommes revenus à Kandi, un ami commerçant au marché nous a tout de suite dit qu'il se mettait sur les rangs pour nous racheter la voiture.
Et durant les quatre dernières années il a confirmé son intention de l'acheter nous prodigant aussi des encouragements à prendre soin de sa (future) voiture.

Le 17 mars dernier il est venu prendre possession de sa nouvelle voiture.



Cette Nissan X-Trail a été une bonne voiture. Hilary et Benjamin avaient donc fait un bon choix de même que le transitaire. J'ose espérer que notre ami commerçant aura lui aussi fait un bon choix.

dimanche 29 mars 2020

Résumé de semaines qui sont passées rapidement

Dans le courant du mois de janvier, et alors que nous commencions les préparatifs de notre départ, nous avions commencé à suivre les informations et les progrès de l'épidémie provoquée par le coronavirus.
On a donc vu l'épidémie se rapprocher de l'Europe où nous devions revenir.

Le rangement de nos affaires et la préparation de ce que l'on prévoyait de ramener en France se sont bien passées.
Nous avons eu aussi la possibilité de passer un peu de temps avec de chers amis.
Enfin, nous avons eu notre culte d'au-revoir avec les églises monkolées le 15 mars. C'était miraculeux que ce culte ait eu lieu car une semaine après, et jusqu'au 12 avril, les offices religieux sont interdits au Bénin.

Les implications de l'épidémie en Europe nous ont rattrapés deux jours avant que nous ne quittions notre maison après le culte d'au-revoir.
Notre organisation nous a conseillés, au vu de la situation sanitaire en France, de reculer notre départ. Ce n'était pas une décision facile à prendre surtout alors que l'on se réjouissait de retrouver nos familles. Cependant des amis nous ont encouragés à prendre cette décision (et la compagnie aérienne avec laquelle nous devions voyager à grandement facilité la décision en arrêtant les vols vers la France).

Depuis la mi-mars nous sommes installés à Parakou.
Suivant les recommandations des autorités françaises et béninoises nous sommes en confinement pour une certaine durée.
Les enfants ont rapidement et courageusement repris l'école. J'espère que nous allons pouvoir rapidement avancer et bien finir l'année. Et à la différence des enfants en France ou en Angleterre ils peuvent sortir jouer dehors tous les jours car ils ont une grande concession pour eux!

Dans une certaine mesure on est toujours impatient de revenir auprès de nos familles mais dans le même temps très conscient que la meilleure chose à faire est d'attendre et de prier que la situation s'améliore en Europe et en Afrique.

mercredi 12 février 2020

On a retrouvé notre maison!

Devant une grande partie de la façade sud de notre maison il y a des bougainvillers qui ont été plantés par la personne qui avait fait construire la maison.

Ces plantes se plaisent très bien et grandissent rapidement. En fait elles grandissent tellement que l'on n'a jamais réussi à les contrôler et à leur donner une taille raisonnable. Dans le même temps, quand ces plantes sont en fleur, cela fait une vue assez spectaculaire.

La photo ci-après montre l'aspect de notre maison le jour de Noël 2018.



En début d'année, et alors qu'Hilary avait un peu réduit la taille des bougainvillers, on a décidé de faire une réduction massive et drastique.
Le résultat se voit sur cette seconde photo et depuis on a retrouvé la façade de notre maison.




Un observateur attentif remarquera que les citronniers aussi ont bénéficié d'un rafraichissement. Cela devrait leur permettre de retrouver de la vigueur et de produire beaucoup (alors même que la récolte de cette année avait été exceptionnellement bonne).

lundi 20 janvier 2020

10 ans de changements autour de nous

Comme je l'écrivais récemment nous nous préparons à partir après dix années passées ici.

L'année dernière, un des garçons a fait un projet en géographie sur l'environnement dans lequel il vit.
À cette occasion on avait comparé les cartes Google à environ sept années d'écart. Cela donne une petite idée de combien notre environnement proche a changé durant le temps où nous avons vécu.

Voici une photo utilisée pour son projet:




Il nous semble que les images satellites n'ont pas été prises à la même saison donc les comparaisons sont difficiles.
Cependant, si autour de notre maison il n'y a pas eu de construction pendant les dix années passées, de l'autre côté de la route il y en a eu beaucoup plus. Les toits en tôle sont d'ailleurs bien visibles sur la photo du bas, la plus récente.

Et avec l'avènement des panneaux solaires on peut voir qu'il y a plein de maisons qui sont éclairées la nuit, chose que l'on ne voyait pas il y a dix ans.

mardi 26 novembre 2019

Il est en train de faire l'homme

J'aime découvrir de nouvelles expressions en français ou en anglais et c'est naturellement aussi le cas en monkolé (lire ici pour un autre exemple).

Il y a quelques mois j'ai découvert une expression amusante.

Durant le mois d'août, entre une crise de paludisme et une fièvre typhoïde, je ne me sentais pas bien, tellement mal en point qu'un matin je décide d'aller à l'hôpital avec l'aide d'Hilary.
Alors que je me baissais péniblement pour mettre mes chaussures, un ami entre pour nous saluer. Il me voit donc en train de fonctionner très au ralenti tout en lui disant que ça va un peu mieux que la veille.

Cet ami dit alors "Maaku wa ce inɛmɔkɔ." soit en traduisant "Marc est en train de faire l'homme."
Il explique que je suis en train de faire comme si je pouvais vaquer à mes activités normales alors que clairement je suis malade.
C'est donc cela être en train de faire l'homme et il semble que mon comportement, à savoir vouloir essayer de travailler malgré tout, n'est pas si exceptionnel.

lundi 14 octobre 2019

Après quatre mois

Le dernier post que j'ai publié expliquait que mon opérateur téléphonique me rappelait les jours fériés ce qui était appréciable (lire ici).

Peut-être aurais-je dû demander à mon téléphone de me rappeler de poster sur le blog car j'ai eu un long moment de silence.

Voici un petit résumé des quatre mois passés et peut-être un début d'explication du silence.
  • Au mois de juillet nous avons passé environ deux semaines à Cotonou pour refaire les visas des enfants mais surtout pour que je puisse faire un bilan de santé. Ce dernier a montré que j'allais bien.
  • Au mois d'août j'ai préparé la rentrée pour les enfants. Nous avions récupéré une bonne partie des cours des enfants ce qui facilitait grandement les choses. Cependant la rentrée a été perturbée par deux épisodes de maladie de ma part (paludisme puis fièvre typhoïde).
  • Le mois de septembre a été consacrée à l'école et a essayé de récupérer. La récupération a été plus lente que prévu. De plus elle a été déraillée en ce mois d'octobre par un nouveau cas de paludisme.

J'espère quand même que je vais parvenir à écrire plus régulièrement dans les mois à venir.

samedi 30 juillet 2016

Nyama nyama, une expression qui décrit bien une réalité

Une des premières expressions que j'ai apprises en monkolé est l'expression "nyama nyama". "Nyama nyama" c'est du désordre, un mélange de bric-à-brac qui n'a pas forcément d'utilité et qui encombre plus qu'autre chose.

Il y a quelques semaines nous avons déménagé et libéré notre appartement dans la région nancéienne. (Pour un résumé très complet, voir ce post d'Hilary ici.)
Notre déménagement c'est, grâce à Dieu, bien passé. Comme tous les déménagements il a commencé sur les chapeaux de roues mais plus le temps passait plus cela devenait difficile d'avancer car on était encombré de
"nyama nyama". C'est, dans ma tête, l'expression qui décrit le mieux ce que je constatais.





Effectivement il arrive un moment dans un déménagement où ne restent plus de vêtements, de meubles ou de gros objets. Par contre, il reste beaucoup de petites choses comme le montrent les photos au dessus et tout cela c'est
"nyama nyama".

Pour la petite histoire, dans la demi-heure précédant la venue de la personne chargée de faire l'état des lieux de sortie, tout ce qui restait a été transféré dans notre voiture pour finir le tri ailleurs!


samedi 11 juin 2016

Début de la fin d'année

Cette semaine a marqué le début de la fin de l'année scolaire.

Nos deux garçons ont participé aux concerts que donnait leur école. Les classes de chaque cycle avaient formé des chorales. Au cours de deux soirées, nous avons assisté aux récitals de chaque cycle.
C'était bien de voir chacun de nos garçons chanter sur scène. C'était bien aussi de constater qu'ils avaient pu participer à de telles activités car c'est plus difficile à faire au Bénin.

A présent il reste encore beaucoup d'activités de fin d'année: fête des pères, kermesse de l'école maternelle, kermesse de l'école élémentaire, spectacle de théatre, spectacle de danse et peut-être d'autres encore.
On aura donc d'autres occasions de voir les enfants montrer ce qu'ils auront appris durant l'année.


Et si cette semaine a marqué le début de la fin de l'année scolaire, cette semaine nous rapproche un peu plus de la date du retour au Bénin. On va retourner en deux temps. Au début du mois de juillet nous allons quitter la France pour l'Angleterre où nous avons quelques visites à faire. On finira aussi nos préparatifs pour le départ.
Ensuite, au début du mois d'août, on repartira vers le Bénin.

lundi 7 mai 2012

Fier malgré tout!

Durant le mois de mai nous avons avec nous une jeune fille venant de Belgique. Elle fait un séjour de quelques mois au Bénin et elle vient s'occuper de la scolarisation de Simon.

Ce qui m'a frappé dans les premiers jours de sa présence c'est que dans une certaine mesure je suis assez fier de notre climat (je ne trouve pas de mot qui exprime bien les choses dont 'fier' devra aller). 

Certes, il y a des mois qui sont plus difficiles que d'autres. En particulier avril et mai ne sont pas drôles tous les jours avec des températures continuellement élevées.

Cependant, dans les premières heures de son arrivée, notre visiteuse a pu voir la variété et le caractère un peu extrême de la météo par chez nous. Ainsi elle a commencé son séjour avec un après-midi autour de 42°. Dans la soirée elle a ensuite eu un bel orage avec une bonne pluie (ça fait descendre la température et augmenter l'humidité). Et le lendemain elle a vu un grand vent de sable venir nous distribuer un peu de poussière en plus.

Dans l'ensemble c'est très spectaculaire et c'est cela que j'aime bien. Notre climat ne fait pas dans la demi-mesure: tout est toujours en grand! C'est peut-être cela que j'aime et dont je suis un peu fier.

La photo a été prise par Hilary en fin d'après-midi il y a quelques jours avant un orage. La couleur très orange est tout à fait naturelle et spectaculaire!

samedi 18 février 2012

scènes du village


La semaine dernière j'étais invité à une réunion. Comme la réunion a commencé très en retard j'ai pu passer un peu de temps à attendre et à observer ce qui se passe dans le village en début de matinée.
Cela faisait longtemps que je n'ai pas été assis sur le banc à parler (ou dans mon cas surtout à écouter).

Je suis toujours impressionné par le nombre de marchands qui passent dans le village. Certains viennent d'ailleurs de Kandi tous les jours pour venir vendre ici. On les voit le matin marché en direction du village et repartir le soir dans l'autre sens.
J'ai donc pu voir un marchand de parfums qui avait un parfum spécialement fait pour moi (et donc très cher car la peau des blancs vaut cela).

J'ai ensuite vu une femme qui vendait des médicaments. On peut donc acheter des comprimés à l'unité (et la dame donne de l'eau pour qu'on puisse les prendre sur place). De ce que j'ai vu, elle vend surtout des vitamines, des pastilles contre la toux, et des médicaments de base comme paracétamol, anti-parasitaires etc. Elle semblait aussi faire une démonstration de pastilles jaunes.
A ce moment là il s'est passé une chose amusante: j'ai refusé, en essayant d'être poli, les pastilles qu'elle me proposait. Alors elle me montre la boite pour que je lise l'étiquette mais tout était écrit en chinois et j'ai avoué que je ne connaissais pas le chinois (j'ai en fait dit que je ne connaissais pas encore le chinois). La vendeuse a alors compris que je n'allais pas tester.
Tous mes amis qui ont essayé ne semblaient pas malade donc peut-être n'étaient-ce que des pastilles de sucre mais je ne suis pas très téméraire.

Et il y avait aussi les marchands de quincaillerie qu'on à l'habitude de voir qui vendent tout (ou presque) de la couverture de téléphone portable au tournevis en passant par les lampes, les piles, les couteaux, les mouchoirs etc.

Enfin, je ne les ai pas vu ce jour là mais j'ai déjà essayé; il existe des marchands de morceaux de cannes à sucre. Ils vendent ces petits morceaux que l'on peut sucer. Le vendeur les aspergent régulièrement d'eau sucrée (ou devrais-je dire très sucré car j'ai trouvé ça très agréable à manger mais trop trop sucré pour mon gout).

samedi 21 janvier 2012


Il y a quelques semaines, le gouvernement du Nigéria a décidé de supprimer les subventions sur l'essence dans l'ensemble du pays. En quelques heures le prix de l'essence a doublé (voir ici [en anglais]).

Cette mesure n'a pas été sans conséquence au Bénin. L'est du Bénin a une frontière commune avec le Nigéria.

En effet, si il y a de plus en plus de stations-services dans le pays, il y a toujours de vendeurs d'essence au bord des routes.
Cette essence (essence du bord de la route) vient souvent du Nigéria de façon clandestine et est donc moins chère. Et c'est parfois d'autant plus profitable que l'essence a été coupée avec d'autres liquides.

Du coup, en quelques jours, le prix de l'essence au bord de la route a fortement augmenté et est passé de 250-350 F CFA (selon les régions) à 700-800 F CFA. Or le prix dans les stations services est autour de 570 F CFA en ce moment. Donc on est dans la situation paradoxale où l'essence du bord de la route est plus chère de l'essence légale.

Évidemment, il y a eu ruée sur les stations services mais plusieurs personnes que je connais cherche encore l'essence au bord de la route, doutant que l'on puisse trouver moins cher dans les stations services (ou n'étant pas au courant du prix dans les stations).

N.B.: la photo est celle d'un vendeur d'essence au bord de la route près de Cotonou. On trouve des bouteilles d'un litre ou alors des bidons en verre avec une plus grande contenance.

jeudi 19 janvier 2012

janvier en passant

Le mois de janvier est en train de passer très vite et en plus une coupure d'internet fait que je n'ai pas encore pu poster. Alors un résumé rapide de ce qui se passe.

Les travaux se poursuivent. Vous pouvez voir les évolutions en suivant les liens (en anglais):
La construction de la clôture s'est achevée il y a quelques jours. Quelques détails viendront dans quelques jours (normalement!)

Sinon, on est toujours en pleine saison d'harmattan avec ses bons et ses moins bons côtés. Une chose est sure, on a beaucoup de poussière cette année mais c'est pas que la saison qui veut cela.
Il semble aussi que cette année la fraicheur soit assez forte. A deux reprises on est descendu le matin autour de 12°C (soit 54 Fahrenheit). C'était quelques jours après qu'un ami nous dise que la fraicheur était finie. On a pu le taquiner.

J'ai aussi pu faire une première session d'enseignement avec les responsables de jeunes de l'église. Ça s'est fait tout en monkolé et ça s'est bien passé. Les mois d'apprentissage linguistique valaient le coup (mais il faut encore continuer).

samedi 24 décembre 2011

Gasoil, main d'oeuvre et progrès linguistique

Dans mon dernier post je mentionnais les travaux qui allaient commencer. Comme prévu tout a commencé et est en train d'avancer. Si vous voulez plus de détails (en anglais) et de photos, regardez:
Comme je l'ai dit, essayer de gérer les chantiers est une expérience assez nouvelle pour moi. Quelques choses que j'ai notées.

Comme on s'y attendait, le ciment est une denrée précieuse en ce moment. Heureusement, on a pu trouver sans problème tout ce dont on a besoin. Par contre, et c'est logique, si le ciment est très demandé en ce moment, c'est la même chose pour le sable et le gravier. Et pour compliquer la chose, le prix du gasoil a augmenté ce qui fait que tous les prix sont tirés vers le haut! Et en plus, la demande en camions est très forte en ce moment car la récolte du coton a commencé donc les transporteurs sont dans une position de force pour négocier.
Du coup, les maçons se sont faits un peu peur pour avoir tout ce dont ils avaient besoin.
Heureusement pour nous, un des maçons est un homme de notre village et il connait plusieurs transporteurs locaux. Cela lui a permis de vérifier les prix en différents endroits. A la fin de la première semaine de chantier tout était livré!

De nature pessimiste, pendant que je préparais les travaux, j'ai essayé d'imaginer tous les problèmes qui pouvaient venir (exercice pas très compliqué pour moi). Parmi ces scénarii, celui du manque d'eau était en bonne place. Je ne me suis pas trompé:
  • On a d'abord eu, la rupture de la canalisation principale d'eau un samedi soir (et mon plombier était sur un autre chantier).
  • On a ensuite eu l'assèchement du puit.
Mais, il y a toujours une solution. Un maçon a demandé à des dames de venir livrer l'eau sur le chantier. J'ai réalisé à ce moment là que c'était une solution plus économique que de pomper l'eau ce qui consomme du gasoil!

En dépit de tout ce que je peux écrire, il y a aussi des motifs de satisfaction.
  • D'abord, les maçons travaillent bien et rigoureusement (je devrais dire de mon oeil de non spécialiste).
  • Ensuite, je peux utiliser la langue monkolée avec un des maçons qui est du village. Du coup, on dialogue sur le travail en langue monkolé ce qui est encourageant pour moi car cela me permet de voir que ça progresse. Et surtout, ça me permet d'utiliser la langue monkolée dans un contexte un peu différent.

Voilà pour les nouvelles du chantier.

A toutes et à tous un joyeux Noël!

PS: et pour ceux qui connaisse la région, j'ai même (avec quelques difficultés) réussi à comprendre le prix d'un tonneau d'eau en dala (unité de compte dont je reparlerai une autre fois).

mardi 6 décembre 2011

Devis, ciment et autres apprentissages

Nous avons deux projets de construction qui vont démarrer dans quelques jours. Nous allons faire agrandir notre maison pour avoir une chambre en plus. Nous allons aussi faire construire un mur autour d'une partie de notre propriété pour limiter les passages de vaches et autres intrusions dans la propriété.

Avant que les travaux ne puissent commencer j'ai du apprendre sur le tas comment faire pour être budgéteur et organisateur de chantier. Ca a été un apprentissage intéressant (avec toute l'ironie qu'il faut) vu que je partais de loin. Je ne sais donc pas encore quel est le résultat final et quel est mon niveau de compétence - ou d'incompétence.
Cela étant, faire ce travail a été une expérience riche en enseignements. A ce propos, quelques remarques sur ce que j'ai appris ou découvert (remarques peut-être évidentes pour qui a déjà construit une maison):

Trouver des personnes pour travailler sur le chantier est une affaire de relations. C'est en discutant avec les uns et les autres que j'ai trouvé le nom du maçon qui a construit la maison il y a 12 ans. Via un collègue je suis entré en contact avec lui et on a pu parler de la construction.
De même mon électricien m'a trouvé un couvreur qui m'a trouvé un vitrier qui m'a trouvé un peintre (mais j'en avais déjà un que je connais car il avait repeint les deux maisons où on a vécu). J'espère en tous cas que les recommendations sont bonnes et que le travail sera bien fait.

Le travail est découpable en pleins de parties. Ainsi, le maçon qui va construire le mur va sous-traiter le travail de faire les briques à des briquetiers, va confier à des aide-maçons le creusage des fondations, va confier à des ferrailleurs la pose des fers etc.

Faire un budget nécessite de savoir comment on construit et là  c'est pas évident. Heureusement j'ai pu glaner des conseils à droite et à gauche et noter moi-même quelques oublis de temps en temps. Dans le cas du maçon pour la maison,
il m'a dit se souvenir de comment on batit les maisons pour notre mission ce qui va m'éviter des soucis. C'est rassurant de savoir qu'il connait ce qu'il a à faire mieux que moi et que je n'ai pas à expliquer.

Toujours dans la partie budget, faire un budget est parfois difficile quand on ne connait pas le prix des matériaux. C'est le cas du ciment par exemple. En effet, du fait de la saisonnalité, dans notre région (et dans beaucoup d'autres au Bénin) on construit surtout en saison sèche. Du coup, en saison des pluies on trouve du ciment mais on ne construit pas. Quand on construit on trouve difficilement le ciment et son prix varie très fort. En fait, un des maçons m'a même dit que le prix n'est pas fixe (loi de l'offre et de la demande). Une autre difficulté pour les maçons est que les grossistes ne veulent pas leur vendre de grandes quantités par peur qu'il y ait de la revente sauvage.
Comment faire un budget dans ce cas? J'ai pensé que l'on pouvait définir un prix mais le risque est de donner au maçon un chèque en blanc pour qu'il achète moins cher et empoche la différence. En fait, la solution est de passer par quelqu'un qui connait les grossistes (ça tombe bien on connait une telle personne). Grace à cette personne et avec une lettre précisant les raisons d'une commande importante on devrait avoir nos tonnes de ciment.
Enfin, parfois les matériaux vont venir de loin. Ainsi les fers pour construire les montants des portes pourraient venir du Niger car c'est là qu'on trouve des fers de meilleure qualité. Du coup, j'ai un budget pour les portes avec un trou (le budget, pas les portes) car on ne connait ni le prix des fers ni de leur transport!
Une solution que j'ai vu sur un des devis est de prévoir un poste 'imprévu' pour, logiquement, tout ce qui n'est pas prévu.

mardi 4 octobre 2011

Ecole à la maison


Comme je l'ai dit dans un post récent (lire ici), Simon a commencé l'école et on fait la scolarisation à la maison. C'est la solution qui nous paraissait la plus adaptée.
Même s'il y a une école primaire au village et que la scolaristation des enfants se fait en français, on a choisi de gérer la scolarisation nous même. On ne voulait pas que Simon prenne la place d'un enfant du village d'autant que des nouveaux élèves ne sont pas toujours acceptés chaque année du fait des effectifs très importants.

Lors d'un récent séjour à Cotonou, j'ai pu acheter pas mal de choses pour commencer la classe avec Simon. On m'avait déjà donné des supports donc du coup j'ai une bonne base documentaire.
On peut trouver des livres d'activités qui viennent de France mais on trouve aussi beaucoup de livres faits pour les élèves africains. Il y a par exemple une collection qui s'appelle 'Les classiques africains' et qui couvre le graphisme, l"écriture et les mathématiques.
Ce sont des livres bien faits et en combinant plusieurs on arrive à pas mal de variétés d'exercices et d'activités. La seule différence notable avec des manuels venant de France est qu'il y a moins de couleurs (ce sont souvent des livres en noir et blanc) et qu'il n'y a pas de trucs amusants comme des autocollants.
Ce qui est bien c'est que les dessins, les exemples d'objets sont réalistes c'est à dire que par exemple il faut regrouper des éléments et on a des dessins d'arachides, de noix de coco, de noix de kola soit des choses que Simon connaît bien (sauf les noix de kola qu'il n'a pas encore vu).

En tous cas pour le moment j'arrive à construire un programme pour Simon. C'est un peu différent des consignes du programme officiel pour la maternelle en France mais je ne pense pas que cela pénalise Simon.

Simon aime toujours bien l'école (même s'il disait à sa maman il y a deux jours qu'il n'apprend rien de nouveau). Du coup, ça a été séance peinture ce matin - ça ça a été une bonne nouveauté.
C'est intéressant c'est de voir comment Simon a progressé en un mois. Alors que les dessins et les coloriages n'ont jamais été son truc, il s'applique et peut faire des jolis choses. Le week-end dernier il demandait même à faire des coloriages dans un livre de jeu.

vendredi 9 septembre 2011

Ce qu'il y a de bien à la saison des pluies


Dans un post récent je disais que la saison des pluies avait mal démarré (voir ici). Il semble que depuis quatre semaines, les pluies ont vraiment commencé et on est donc en pleine saison des pluies.

Il y a deux semaines, on revenait d'un voyage dans le sud et le centre du Bénin et arrivant près de chez nous, j'ai été très frappé par les paysages très verts qu'on voyait le long de la route.


Ça m'a donné l'idée de réfléchir à
quelques choses positives sur la saison des pluies. Les voici (liste non exhaustive):
  • Les paysages sont très beaux en saison des pluies car on a des camaïeux de verts partout où on regarde.
  • La météo n'est pas prévisible. Ça fait un changement notable par rapport à d'autres saisons où la question n'est pas de savoir chaque matin si il va faire beau et soleil mais plutôt quelle température on atteindra.
  • La végétation se développe à une vitesse impressionnante. Je suis toujours frappé par le fait qu'en quelques semaines, les pluies et la chaleur permettent une croissance très très rapide des plantes. C'est très visible sur le maïs de Simon dans notre propriété qui grandit de jour en jour.
  • On trouve plus facilement des légumes. Une des particularités du nord du Bénin (en comparaison avec le sud ou le centre) c'est qu'on trouve plus difficilement des légumes mais en saison des pluies c'est plus facile et ça fait du bien.
  • Les routes ne sont pas poussiéreuses et c'est même le contraire parfois.
Je ne peux pas dire que la saison des pluies est ma saison préférée mais je sais aussi qu'elle est indispensable car sans les pluies, pas de culture et donc pas de vie. Mais on apprend à vivre avec et à en apprécier les bénéfices.

samedi 3 septembre 2011

Rentrée des classes

Jeudi dernier (le 1er septembre) Simon a fait sa rentrée des classes. C'est la grande section de maternelle. Jusque là rien de très surprenant.

Étant donné qu'on est dans un petit village, les conditions de scolarisation de Simon sont un peu différentes de celles qu'il aurait en France (même dans un petit village).
  • Il est scolarisé par le CNED. En effet, on a décidé que la scolarisation dans le système français était ce qu'il y a de plus simple étant donné qu'il n'y a pas d'équivalent britannique.
  • Qui dit CNED dit aussi envoi de cours mais là pour le moment c'est un peu délicat car le courrier avance lentement. Heureusement, j'avais des livres d'exercices et j'en ai trouvé pleins d'autres à Cotonou, de quoi me laisser une marge de manoeuvre.
  • Son maitre est aussi son papa. Bien sûr il y a un risque de confusion des rôles mais comme Simon suit l'école avec le CNED, il est logique que ce soit moi qui fasse l'école. Cela dégage aussi du temps pour Hilary et la traduction.
  • On a aussi des surprises comme celle de trouver un scorpion le premier jour d'école juste devant la salle de classe ou encore celle de ne rien voir pour cause d'orage pendant une partie de la deuxième matinée.

Mis à part cela, Simon est très très enthousiaste pour l'école et il part à l'école en chantant tous les matins. Pendant la classe il ne cesse de dire combien c'est bien; pourvu que ça dure (ou alors je devrais l'enregistrer).

jeudi 11 août 2011

insider, outsider... le retour du stress culturel

Au niveau linguistique et intégrationnel, la période dans laquelle on se trouve est un peu délicate. Cela fait plus d'un mois qu'on est revenu au village et que nous nous sommes rendus compte que l'on n'a pas trop perdu au niveau linguistique. Par conséquent on peut, dans certaines situations, se trouver très à l'aise et donc ne plus se sentir totalement étranger.
Mais rapidement, l'impression d'être un étranger (ou un outsider) revient.

Ce qui rend les choses inconfortables c'est qu'
on aimerait être insider, être parfaitement intégré. Par conséquent quand on est renvoyé à son état d'outsider la chute est plus dure!

Exemple récent.

Un jour je suis avec des amis du village quand soudain le pasteur me dit que lui et les autres responsables de l'église vont aller visiter un homme qui est à l'hôpital.
Ma première réaction est une réaction de surprise car je ne savais pas qu'il était à l'hôpital. La seconde réaction est celle de savoir ce que veut dire la phrase prononcée par le pasteur.
Je la comprend très bien donc ce n'est pas un problème linguistique. Ce qui coince c'est le sens. Est-ce une information? Est-ce une proposition de les accompagner? Est-ce une demande de les accompagner?
Le temps d'essayer de mettre de l'ordre dans mes idées (oui je pense lentement) les voilà partis. Me voilà avec le retour du choc culturel!

Deux notes finales:
  • Le même jour que l'expérience que je décris il y a eu des choses plus encourageantes notamment quand je salue une dame qui allait vers son champ et qu'elle me répond (en monkolé) 'salut Maaku' (Maaku c'est Marc en monkolé).
  • Quelques jours après le pasteur m'a confirmé que c'était une invitation à venir dont il parlait mais qu'elle n'était pas obligatoire (donc pas d'impair).

mercredi 3 août 2011

Quand les pluies ne sont pas bonnes


A cette période de l'année, le principal sujet de conversation chez nous c'est la météo et plus précisément la saison de pluies.

Même si nous ne vivons au Bénin que depuis un peu plus de deux ans, nous avons pu nous rendre compte que cette année la saison des pluies n'est pas bonne. Il y a très peu de pluies.

Au début du mois de juillet, alors qu'on remontait au village, on pouvait voir beaucoup de champs qui n'avaient pas encore été labourés. Cela laissait supposer que les pluies n'avaient pas vraiment commencé et que les cultivateurs attendaient qu'il y ait plus d'humidité avant de semer.
De même, les vaches étaient encore très maigres et on ne trouvait pas de fromages peuhls en vente au bord de la voie.

A présent, les choses ont un peu changé. Il pleut de temps en temps mais ce n'est pas la saison des pluies. On a surtout des orages avec des grandes pluies violentes ou alors de petites averses. Bref, pas l'idéal pour les cultures.
Et pour rendre les choses encore plus difficile, on a eu très tôt ce matin un énorme orage comme ceux qu'on a normalement au mois de mai avec des vents très violents (vents capables de nous faire douter de la solidité du toit). Du coup, les mais sont tous couchés ce qui n'est pas trop grave pour les mais qui viennent de sortir mais beaucoup plus grave pour ceux qui étaient en pleine croissance.

Donc, pas assez de pluie pour faire pousser les cultures et quand elles poussent les vents les couchent. C'est une année difficile dans les champs.

vendredi 15 juillet 2011

Enfin à la maison

Après plusieurs voyages et étapes nous sommes depuis quelques jours revenus à la maison. On a été très heureux de retrouver notre chez-nous et les garçons aussi sont très contents de retrouver leurs amis.

Une des choses intéressantes avec le retour c'est qu'il y a des expériences positives et d'autres qui le sont moins.
  • Ainsi, du côté du positif, les travaux sur la route qui de Parakou à Kandi ont bien avancé et en certains endroits la route est complètement refaite. Du coup, on met trois fois moins de temps dans certains secteurs. Certes, les travaux ont aussi commencé en d'autres endroits ce qui ralentit la circulation!
  • Autre chose positive, on s'est réadapté à la chaleur plus facilement que je pouvais le penser. Le fait que la saison des pluies ait commencé (même si les pluies sont très faibles pour le moment) rend les températures plus faibles et donc plus supportables.
  • Nous arrivons à parler en monkolé et nous sommes mêmes capables de dire plus que les salutations. Ca c'est encourageant et ça veut dire qu'on n'est pas totalement perdu. La difficulté cependant c'est que nos amis pensent que nous avons au moins notre niveau d'avant donc on est rapidement largué. Notre pasteur veut en tous cas nous remettre à niveau rapidement car il ne nous parle plus qu'en monkolé y compris au téléphone.
  • Et, nous avons des cables électriques sur les poteaux qui sont devant chez nous. Bon, on attend de voir le courant avant de croire que l'électricité arrive au village d'autant que les cables manquent entre certains poteaux entre Kandi et le village. En attendant, on reste avec le solaire (et nos batteries qui sont un peu en coma dépassé!).

Du côté des expériences moins positives, notre opérateur pour l'internet a désactivé notre compte et supprimé les forfaits illimités; pas cool pour communiquer (d'ailleurs ce post aura attendu 5 jours avant de pouvoir être publié).