mercredi 16 janvier 2013

De 2012 à 2013

On dit que plus on vieillit plus le temps passe vite. 2012 n'aura pas échappé à la règle d'autant plus que j'attends la mi-janvier 2013 pour poster cela.

Quelques pensées par rapport à l'année passée:
  • J'ai fait encore moins de posts que les années précédentes. Si ça fait peut-être moins à lire, j'aurais aimé faire un peu plus. En réalité il y a une dizaine de posts qui sont à l'état de brouillon mais je n'ai pas encore réussi à en distiller la quitessence!
  • Eve. Elle aura été présente une grande partie de l'année et ne se sera montrée au grand jour qu'au mois de novembre. En tous cas elle a trouvé sa place dans la famille, une place très au centre!
  • Langue monkolée. Ca avance, ça avance. Les progrès continuent et je peux m'exprimer sans trop de problème mais il ne faut pas devenir trop complaisant; il y a encore du travail. C'est pour cela que j'aimerai trouver des occasions de travailler mon monkolé dans des situations différentes de ce que j'ai fait jusqu'à présent.
  • Famille. En 2012 j'ai pu assister à un mariage (celui d'une de mes soeurs) mais je n'ai pas pu aller à un autre (celui d'un de mes frères). Cela étant, mon frère et ma belle-soeur sont ensuite venus nous visiter ce qui était très apprécié (et on a vu la vidéo du mariage avec leurs commentaires!).

L'année 2013 se présente dans la continuité de la précédente:
  • Famille: en ce moment les parents d'Hilary qui sont à la maison. C'est bien de pouvoir passer du temps avec eux. C'est aussi bien pour Simon, Benjamin et Eve de passer du temps avec leurs grand-parents. Au moins un autre projet de visite est dans les tuyaux.
  • Eve: elle a appris à faire des sourires ce qui fait la joie de tout le monde. Elle commence à trouver sa place dans la maison. Eve va avoir sa chambre (et du coup je perds mon bureau) et on lui a installé son tapis de jeux dans le salon. Je suis assez content de lui céder mon bureau car cela m'a permis de le déménager et de le vider un peu! J'ai un bon rythme d'un déménagement par an ce qui semble pas mal pour lutter contre l'envahissement.
  • Langue monkolée. Mon plus grand défi sera de trouver des occasions ou de créer des occasions de me perfectionner. J'ai des idées (en général ça ne manque pas) mais il faut les mettre en pratique. Parmi les idées il y a réaliser un herbier notamment pour mieux connaître les plantes médicinales ou observer un forgeron travailler (c'est celui qui m'a fabriqué des houes - voir ici).
  • Quant au blog je ne sais pas si c'est raisonnable d'écrire que je vais poster davantage mais je vais essayer de faire mieux.

mercredi 12 décembre 2012

Les langues et les accents ça se mélangent

Un jour Benja, le meilleur ami de Simon (à ne pas confondre avec notre Benjy), est passé à la maison. Etant donné que Benja est à l'école au village et que ses parents lui demandent d'aider dans les travaux des champs, c'est assez rare que Simon et lui passent du temps ensemble.

Ce jour là, Simon et Benja (et Benjy) étaient très heureux de se retrouver. Une chose m'a alors frappée. Presque dès l'instant où Simon a vu Benja il a changé son accent et sa façon de parler (y compris la construction des phrases). Dans une certaine mesure, c'est comme si il se met à parler d'une façon similaire aux enfants du village. Il se passe d'ailleurs un peu la même chose quand il parle avec la femme du pasteur qui travaille chez nous.
Pour illustrer, Simon s'adresse à son ami et lui dit "Benja, je mets mon t-shirt" puis il se reprend et dit "Benja je mets chemise" ce qui est plus proche du monkolé.

Mais ce qui était encore plus amusant c'est que pendant que Simon, Benjy et Benja et moi jouions à un jeu de carte (et oui ça m'arrive!), j'ai entendu Benja dire "Gosh!"; expression assez typiquement britannique!

Comme quoi les influences sont réciproques.

Benjamin (le notre) est lui aussi très bon pour mélanger les langues. Une fois, il me pose la question suivante: "Papa ça fait quoi si je légé du lait dans mon yogourt?". Sur une base de français, il ajoute du monkolé (légé pour mélanger) et de l'anglais.
Ou encore: "si tu touches kpɔlɔ avec tes mains tu auras du poison sur tes mains" avec là encore du monkolé (
kpɔlɔ pour grenouille) et de l'anglais (poison prononcé à l'anglaise)

Et pour finir d'autres enfants qui viennent de temps en temps à la maison me remercient en disant "thank you". En fait, on n'a pas une maison mais une sorte d'école de langues.

mercredi 28 novembre 2012

On a trouvé une petite étrangère!

"On a trouvé une petite étrangère!"



C'est par ces mots que j'ai annoncé à beaucoup de nos amis la naissance de Eve. Eve Sofia (Sofia est son deuxième prénom) est née le 8 novembre dernier à Bembéréké.

Traditionnellement, quand un enfant nait, on ne donne pas le prénom dès la naissance. Ca pose parfois encore problème dans les hôpitaux où le personnel veut rapidement savoir pour faire la déclaration de naissance alors que les parents ne veulent pas encore donner le prénom.
Du coup, quand j'annonçais la naissance à des amis, je disais qu'on avait trouvé une petite étrangère. Mes amis comprenaient alors. Certains demandaient le prénom, d'autres non.

DImanche dernier Eve a été officiellement présentée à l'église. Cela s'appelle ama ku nyisi (littéralement montrer l'enfant). C'est durant cette cérémonie que son prénom a été annoncé. On m'a demandé quel était le prénom du bébé (ɛfa en monkolé). A présent, Eve n'est donc plus une petite étrangère mais tout simplement Eve!

lundi 29 octobre 2012

Cheveux et longueur de cheveux

A l'école, Simon suit un cours d'Instruction Civique et Moral. Dans ce cadre il a eu une séquence sur l'hygiène personnelle et dedans il y a eu des activités sur les poux (ou plutôt des activités destinées à prévenir la diffusion des poux pour être plus exact).

Je sais par des amis dont les enfants sont scolarisés en France que c'est malheureusement un problème fréquent dans les écoles. Par contre, du fait de notre éloignement nous sommes moins affectés (et on ne se plaint pas). J'ai cependant dû expliquer à Simon ce que c'était car il n'avait aucune idée de ce que sont les poux et n'avait jamais entendu parler de cela.

En parlant avec un de nos amis du village, il nous a dit que les enfants aussi ont ce problème et que c'est pour cela qu'on coupe les cheveux très courts.

En continuant à parler des cheveux, il nous a aussi dit que les filles ont les cheveux rasées mais pas en raison de la prévention des poux. En effet, dans les écoles publiques, les filles ont les cheveux rasés de façon à ce qu'aucune ne puisse être avantagée en raison de la beauté de ses cheveux ou de sa coiffure.
J'ai écrit "écoles publiques" car on voit parmi les élèves qui vont dans les écoles privées des petites filles qui ont des tresses artistiquement faites.

mercredi 17 octobre 2012

Poubelle, déchets et herbes

Après un peu plus de deux ans et demi passés au village, je continue d'apprendre des choses en monkolé. Il y a quelques jours, au détour d'une conversation j'ai appris comme on dit les déchets ou les poubelles: c'est le mot fɔfɔ.
Or il se trouve que je connaissais déjà le mot
fɔfɔ mais pour désigner les herbes.

L'explication qui m'a été donnée c'est que dans les deux cas (déchets ou herbes) ce sont des choses qui salissent la maison ou la concession donc un même mot permet de les désigner.

En tous cas, je suis très heureux de continuer à apprendre!

lundi 8 octobre 2012

Français et français

Simon a commencé la classe de CP. J'ai assuré les premières semaines de classe. Je vais bientôt passer la main à un jeune volontaire du service civil suisse qui va aussi développer un projet de soutien scolaire dans un internat.

Cette année on utilise les supports du CNED qui sont très bien faits (et qu'on a pu recevoir presque sans problème). Cela dit, parfois les documents ne sont pas très adaptés à Simon et à son environnement.

Exemple. Un exercice est destiné à faire découvrir le son [u] (dire 'ou'). Pour cela cinq dessins de mots avec ce son sont proposés. Simon commence à les lire: 'loup', 'pointe' et se prépare à lire le troisième. Je suis alors obligé d'arrêter l'exercice pour dire à Simon que si au Bénin on parle de pointe, en France les gens parlent plutôt de clou.

Autre exemple. On fait une leçon sur les risques domestiques. Sur un dessin, Simon identifie les différents dangers dans la maison. Vers la fin Simon signale qu'une des fenêtres est ouverte et que c'est dangereux. Je demande alors pourquoi? La réponse de Simon (tout à fait juste et pas prévue je pense dans le manuel): "si la fenêtre est ouverte les moustiques rentrent!"
Il est vrai que nous avons des barres de sécurité aux fenêtres et que le risque de chute est limité (et on n'a pas d'étages)

mercredi 3 octobre 2012

Lampes et présidents

Etant donné que l'électricité est une denrée rare chez nous, on utilise par moment des lampes d'appoint pour s'éclairer. Les lampes que l'on trouve le plus facilement sont des lampes comme celles présentée sur la photo: lampe de type camping avec des ampoules LED et fonctionnant avec des piles.



Ce matin, je parlais avec un de nos traducteurs et il me dit que la lampe que j'ai c'est une lampe Yayi Boni (soit en monkolé
fitila Yayi Boni). Il m'explique que les gens appellent les lampes comme cela car elles sont apparues durant le premier mandat du président Yayi Boni.
De même, il existe des torches Yayi Boni (en monkolé
tɔrsu Yayi Boni) qui sont des lampes torches avec des LED.

Et pour compléter les choses, il existait dans le temps des torches Kérékou (du nom de l'ancien président Matthieu Kérékou) non équipées de LED et qui faisait donc une lumière jaune.


P.S.: en monkolé, le mot torsu a été crée pour désigner une torche et c'est une translittération du français.