Notre maison se trouve juste à côté de la route nationale inter-état numéro 2 (RNIE 2). C'est l'axe routier qui relie le Bénin au Niger et du Niger va se poursuivre vers le Burkina-Faso. Inutile de dire qu'il y a énormément de camions qui circulent jour et nuit (sans pour autant que ce soit très bruyant d'ailleurs).
Un collègue disait il y a quelques semaines avoir un double sentiment face aux camions et aux chauffeurs. Irritation quand on croise des véhicules surchargés, des convois en panne dans un virage sans visibilité etc... . Mais aussi pitié par rapport à la pénibilité du travail pour les équipages (chauffeurs et apprentis). En effet, les chauffeurs, comme le nom l'indique doivent conduire là où les propriétaires des camions leur disent d'aller. Ils doivent gérer les aléas de la route: accident, pannes etc. sachant qu'il n'y a pas partout des garages, des endroits pour les accueillir.
Il y a quelques jours, un camion est tombé en panne juste devant chez nous.
Il est resté deux jours et le chauffeur s'est abrité sous le toit d'un garage construit pour une des maisons de la propriété. J'ai pensé que c'était une bonne idée de sa part et que ça ne gênait personne. Plus tard dans la nuit j'ai trouvé que c'était une excellente idée car une gros orage s'est abattu et être à l'abri était bien (ce que le chauffeur m'a confirmé le lendemain matin).
Juste avant de partir, le chauffeur est venu nous remercier pour l'accueil (on leur avait offert du Milo le matin) et on a discuté un peu. Il m'a dit qu'il devait aller de Cotonou à Zifa sur la frontière Niger-Tchad soit 2477 km aller. Et il était déjà tombé en panne au quart du chemin! Inutile de dire que la suite du chemin représentait un défi et qu'il était un peu inquiet.
Je parlais de mélange d'irritation et de pitié face aux camions. Ce soir là c'était de l'admiration face au courage du chauffeur et de son apprenti qui dans la nuit reprenaient le chemin vers le nord.
PS: le Milo(R) est une boisson chocolatée.
mardi 20 septembre 2011
vendredi 9 septembre 2011
Ce qu'il y a de bien à la saison des pluies
Dans un post récent je disais que la saison des pluies avait mal démarré (voir ici). Il semble que depuis quatre semaines, les pluies ont vraiment commencé et on est donc en pleine saison des pluies.
Il y a deux semaines, on revenait d'un voyage dans le sud et le centre du Bénin et arrivant près de chez nous, j'ai été très frappé par les paysages très verts qu'on voyait le long de la route.
Ça m'a donné l'idée de réfléchir à quelques choses positives sur la saison des pluies. Les voici (liste non exhaustive):
- Les paysages sont très beaux en saison des pluies car on a des camaïeux de verts partout où on regarde.
- La météo n'est pas prévisible. Ça fait un changement notable par rapport à d'autres saisons où la question n'est pas de savoir chaque matin si il va faire beau et soleil mais plutôt quelle température on atteindra.
- La végétation se développe à une vitesse impressionnante. Je suis toujours frappé par le fait qu'en quelques semaines, les pluies et la chaleur permettent une croissance très très rapide des plantes. C'est très visible sur le maïs de Simon dans notre propriété qui grandit de jour en jour.
- On trouve plus facilement des légumes. Une des particularités du nord du Bénin (en comparaison avec le sud ou le centre) c'est qu'on trouve plus difficilement des légumes mais en saison des pluies c'est plus facile et ça fait du bien.
- Les routes ne sont pas poussiéreuses et c'est même le contraire parfois.
samedi 3 septembre 2011
Rentrée des classes
Jeudi dernier (le 1er septembre) Simon a fait sa rentrée des classes. C'est la grande section de maternelle. Jusque là rien de très surprenant.
Étant donné qu'on est dans un petit village, les conditions de scolarisation de Simon sont un peu différentes de celles qu'il aurait en France (même dans un petit village).
Mis à part cela, Simon est très très enthousiaste pour l'école et il part à l'école en chantant tous les matins. Pendant la classe il ne cesse de dire combien c'est bien; pourvu que ça dure (ou alors je devrais l'enregistrer).
Étant donné qu'on est dans un petit village, les conditions de scolarisation de Simon sont un peu différentes de celles qu'il aurait en France (même dans un petit village).
- Il est scolarisé par le CNED. En effet, on a décidé que la scolarisation dans le système français était ce qu'il y a de plus simple étant donné qu'il n'y a pas d'équivalent britannique.
- Qui dit CNED dit aussi envoi de cours mais là pour le moment c'est un peu délicat car le courrier avance lentement. Heureusement, j'avais des livres d'exercices et j'en ai trouvé pleins d'autres à Cotonou, de quoi me laisser une marge de manoeuvre.
- Son maitre est aussi son papa. Bien sûr il y a un risque de confusion des rôles mais comme Simon suit l'école avec le CNED, il est logique que ce soit moi qui fasse l'école. Cela dégage aussi du temps pour Hilary et la traduction.
- On a aussi des surprises comme celle de trouver un scorpion le premier jour d'école juste devant la salle de classe ou encore celle de ne rien voir pour cause d'orage pendant une partie de la deuxième matinée.
Mis à part cela, Simon est très très enthousiaste pour l'école et il part à l'école en chantant tous les matins. Pendant la classe il ne cesse de dire combien c'est bien; pourvu que ça dure (ou alors je devrais l'enregistrer).
jeudi 11 août 2011
insider, outsider... le retour du stress culturel
Au niveau linguistique et intégrationnel, la période dans laquelle on se trouve est un peu délicate. Cela fait plus d'un mois qu'on est revenu au village et que nous nous sommes rendus compte que l'on n'a pas trop perdu au niveau linguistique. Par conséquent on peut, dans certaines situations, se trouver très à l'aise et donc ne plus se sentir totalement étranger.
Mais rapidement, l'impression d'être un étranger (ou un outsider) revient.
Ce qui rend les choses inconfortables c'est qu' on aimerait être insider, être parfaitement intégré. Par conséquent quand on est renvoyé à son état d'outsider la chute est plus dure!
Exemple récent.
Un jour je suis avec des amis du village quand soudain le pasteur me dit que lui et les autres responsables de l'église vont aller visiter un homme qui est à l'hôpital.
Ma première réaction est une réaction de surprise car je ne savais pas qu'il était à l'hôpital. La seconde réaction est celle de savoir ce que veut dire la phrase prononcée par le pasteur.
Je la comprend très bien donc ce n'est pas un problème linguistique. Ce qui coince c'est le sens. Est-ce une information? Est-ce une proposition de les accompagner? Est-ce une demande de les accompagner?
Le temps d'essayer de mettre de l'ordre dans mes idées (oui je pense lentement) les voilà partis. Me voilà avec le retour du choc culturel!
Deux notes finales:
Mais rapidement, l'impression d'être un étranger (ou un outsider) revient.
Ce qui rend les choses inconfortables c'est qu' on aimerait être insider, être parfaitement intégré. Par conséquent quand on est renvoyé à son état d'outsider la chute est plus dure!
Exemple récent.
Un jour je suis avec des amis du village quand soudain le pasteur me dit que lui et les autres responsables de l'église vont aller visiter un homme qui est à l'hôpital.
Ma première réaction est une réaction de surprise car je ne savais pas qu'il était à l'hôpital. La seconde réaction est celle de savoir ce que veut dire la phrase prononcée par le pasteur.
Je la comprend très bien donc ce n'est pas un problème linguistique. Ce qui coince c'est le sens. Est-ce une information? Est-ce une proposition de les accompagner? Est-ce une demande de les accompagner?
Le temps d'essayer de mettre de l'ordre dans mes idées (oui je pense lentement) les voilà partis. Me voilà avec le retour du choc culturel!
Deux notes finales:
- Le même jour que l'expérience que je décris il y a eu des choses plus encourageantes notamment quand je salue une dame qui allait vers son champ et qu'elle me répond (en monkolé) 'salut Maaku' (Maaku c'est Marc en monkolé).
- Quelques jours après le pasteur m'a confirmé que c'était une invitation à venir dont il parlait mais qu'elle n'était pas obligatoire (donc pas d'impair).
mercredi 3 août 2011
Quand les pluies ne sont pas bonnes
A cette période de l'année, le principal sujet de conversation chez nous c'est la météo et plus précisément la saison de pluies.
Même si nous ne vivons au Bénin que depuis un peu plus de deux ans, nous avons pu nous rendre compte que cette année la saison des pluies n'est pas bonne. Il y a très peu de pluies.
Au début du mois de juillet, alors qu'on remontait au village, on pouvait voir beaucoup de champs qui n'avaient pas encore été labourés. Cela laissait supposer que les pluies n'avaient pas vraiment commencé et que les cultivateurs attendaient qu'il y ait plus d'humidité avant de semer.
De même, les vaches étaient encore très maigres et on ne trouvait pas de fromages peuhls en vente au bord de la voie.
A présent, les choses ont un peu changé. Il pleut de temps en temps mais ce n'est pas la saison des pluies. On a surtout des orages avec des grandes pluies violentes ou alors de petites averses. Bref, pas l'idéal pour les cultures.
Et pour rendre les choses encore plus difficile, on a eu très tôt ce matin un énorme orage comme ceux qu'on a normalement au mois de mai avec des vents très violents (vents capables de nous faire douter de la solidité du toit). Du coup, les mais sont tous couchés ce qui n'est pas trop grave pour les mais qui viennent de sortir mais beaucoup plus grave pour ceux qui étaient en pleine croissance.
Donc, pas assez de pluie pour faire pousser les cultures et quand elles poussent les vents les couchent. C'est une année difficile dans les champs.
samedi 30 juillet 2011
Simon jongle entre les cultures
Simon m'a donné un bel exemple ce matin de sa capacité à jongler entre ses différentes cultures.
Pendant que je préparais le petit-déjeuner, il me demande: "C'est quel jour Papa?". Je réponds que c'est samedi et Simon me dit (comme je lui avais promis) que c'est le jour où on va aller au village car il veut s'asseoir sur le banc près de l'église. C'est typiquement ce que les hommes du village font le samedi après-midi et Simon aime beaucoup jouer là.
Puis, moins d'une minute après, voyant un mug commémoratif du mariage royal, Simon me dit "Oh, Papa, William et Kate". Et après une courte pause il demande "Mais qu'est ce qu'ils [William et Kate] vont faire aujourd'hui?" Je lui ai suggéré qu'on devrait regarder sur l'agenda officiel de la monarchie (mais je doute qu'on va les voir dans le village cet après-midi).
Pendant que je préparais le petit-déjeuner, il me demande: "C'est quel jour Papa?". Je réponds que c'est samedi et Simon me dit (comme je lui avais promis) que c'est le jour où on va aller au village car il veut s'asseoir sur le banc près de l'église. C'est typiquement ce que les hommes du village font le samedi après-midi et Simon aime beaucoup jouer là.
Puis, moins d'une minute après, voyant un mug commémoratif du mariage royal, Simon me dit "Oh, Papa, William et Kate". Et après une courte pause il demande "Mais qu'est ce qu'ils [William et Kate] vont faire aujourd'hui?" Je lui ai suggéré qu'on devrait regarder sur l'agenda officiel de la monarchie (mais je doute qu'on va les voir dans le village cet après-midi).
jeudi 21 juillet 2011
Deux jours et plus longtemps
Depuis notre retour au Bénin, il y a quelques expressions qu'on a souvent entendu quand nos amis nous saluent. Ce sont des expressions comme "salutations pour les deux jours" ou "ça fait deux jours". C'est d'ailleurs la même chose que les gens nous parlent en français ou en monkolé (on dit alors fɔɔo ajɔ minji ).
On emploie ce genre de formules avec 'deux jours' dès qu'on salue quelqu'un que l'on n'a pas vu depuis longtemps.
A ce propos, ce qui est intéressant c'est la façon dont, en monkolé, on désigne le temps. Ainsi, on a cinq mots et expressions importants:
Ce qu'on a eu un peu de mal à comprendre c'est quand quelqu'un nous dit qu'il amènera un objet 'après-demain' car après-demain peut durer assez longtemps. De même, une ami qu'on reverra dans un mois nous a dit en partant 'à demain'.
A côté de ces cinq expressions, on a malgré tout des expressions qui permettent de parler de la semaine prochaine ou de la semaine passée, de l'année passée ou prochaine etc.
PS: il semble qu'il y ait deux façons d'écrire avant-hier et l'explication de cela pourrait faire l'objet d'un autre post (mais je ne m'engage pas trop pour le moment).
On emploie ce genre de formules avec 'deux jours' dès qu'on salue quelqu'un que l'on n'a pas vu depuis longtemps.
A ce propos, ce qui est intéressant c'est la façon dont, en monkolé, on désigne le temps. Ainsi, on a cinq mots et expressions importants:
- nnyi qui signifie aujourd'hui.
- ala qui signifie demain
- ala akã qui signifie littéralement 'demain un'. Cette expression recouvre une durée qui s'étend du lendemain à un an après.
- ana qui signifie hier
- ajɔɛ (ou ajuɛ) qui signifie avant-hier mais qui recouvre aussi une période du passé jusqu'à avant-hier.
A côté de ces cinq expressions, on a malgré tout des expressions qui permettent de parler de la semaine prochaine ou de la semaine passée, de l'année passée ou prochaine etc.
PS: il semble qu'il y ait deux façons d'écrire avant-hier et l'explication de cela pourrait faire l'objet d'un autre post (mais je ne m'engage pas trop pour le moment).
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