jeudi 24 novembre 2011

Constat un peu triste?

Ce mois de novembre a été (et sera encore) un mois riche en déplacements. Nous sommes allés à notre conférence annuelle à Parakou. Ensuite nous étions à Cotonou pour régler quelques formalités administratives (Hilary devait récupérer sa carte de résidence et je faisais mon inscription sur la liste électorale consulaire). Et nous sommes allés chercher une amie d'Hilary venue nous visiter.

Ces nombreux voyages ont été l'occasion de constater une règle de la route au Bénin: quand une route est presque réparée ou reconstruite, une autre se dégrade fortement! Du coup, les voyages sont toujours pleins de surprises (combien de trous? où? quelle profondeur? etc.).

Ca me rappelle la confidence que me faisait un collègue qui a 30 ou 35 années d'expérience au Bénin. Il me disait que quand il a commencé à travailler ici, les routes n'étaient que des pistes mais il pensait que le moment de la retraite venu, il pourrait rouler sur de belles routes. La retraite est venue et les routes qui avaient été construites étaient redevenues mauvaises!

Malgré toute la fatigue et les perturbations de ces voyages il y a des bons moments comme constater les progrès  sur les grands boulevards à Cotonou; ça facilite nettement la circulation.
Et pendant nos voyages, on a aussi pu entendre (et arbitrer) la discussion entre Simon et Benjamin pour savoir si ce sont des collines ou des montagnes que l'on voit à Dassa.

Faisons un rêve, un jour peut-être, on aura une belle route de Cotonou à Malanville!


mardi 15 novembre 2011

des routines à l'école


Quand je regardais le programme de la maternelle pour Simon, une des choses que j'ai noté c'est l'importance d'établir des routines dans la classe et dans la journée.
Connaissant mon caractère (et celui de Simon), je me suis dit que les routines seraient quelque chose que l'on aimerait.

Une de nos routines en début de classe est de représenter la météo de la veille et de la nuit. C'est Simon qui se charge de faire les dessins.
C'est intéressant ce qu'on peut remarquer en faisant cela:
  • En septembre, on avait des jours avec soleil, des jours avec nuages, des jours avec soleil et pluie, des jours avec pluie. Bref de la variété!
  • Depuis le début du mois d'octobre c'est devenu très routinier: soleil, soleil, soleil. J'ai essayé d'introduire le vent mais Simon n'a pas accroché.

Du coup, la séquence météo peut paraitre très monotone. Cependant c'est comme cela que Simon a remarqué des changements assez subtils. Ainsi, quand la saison des pluies s'éloignait, la rosée a commencé à apparaitre et est allée croissante (au grand désarroi de Simon qui n'aime pas les pieds mouillés par la rosée). Et
ces dernières semaines, on a vu la rosée disparaitre petit à petit.

Comme quoi les routines permettent de noter des choses intéressantes (en plus de donner de la structure).

PS: pour la petite histoire, c'est Simon qui a ajouté la routine de représenter la météo de la nuit. Il s'est rendu compte après une nuit très orageuse qu'il voulait dessiner des éclairs. Il aura suffi d'une fois pour que ça devienne une routine.

mercredi 2 novembre 2011

Bienvenue en saison sèche

La première année que l'on a vécu au Bénin, le début du mois de novembre a été un peu un choc. En effet, novembre avait dans notre tête l'allure d'un mois froid et pluvieux; c'était la version européenne du mois de novembre. Or au Bénin c'est beau, chaud et dans notre région ça commence à être sec.

On commence notre troisième mois de novembre et il n'y a plus la surprise de constater la différence avec l'Europe. Dans une certaine mesure on commence à avoir intégré le rythme des saisons.

Depuis quelques semaines, la saison sèche a fait son entrée. Les dernières pluies sont loin derrière nous (malheureusement pour les agriculteurs qui devront faire avec une saison des pluies courtes) et l'air s'est asséché.

Alors comment sait-on que la saison sèche a commencé?
  • La saison sèche commence quand une fine couche de poussière se dépose sur tout objet pendant la nuit et qu'il faut donc protéger tout ce qui est fragile.
  • La saison sèche commence quand il faut laver les panneaux solaires plus régulièrement (toutes les semaines bientôt) sous peine de ne plus les distinguer du toit en tôle grise (là c'est une exagération).
  • La saison sèche commence quand le sol de la cours redevient du sable très fin à la grande joie des enfants.
  • La saison sèche a commencé quand une moto ou une voiture qui passe dans le village soulève un nuage de poussière.
  • La saison sèche commence quand les herbes sèchent et disparaissent.
  • La saison sèche commence quand l'électricité statique augmente et que toucher la moustiquaire provoque des étincelles.
  • Enfin, et je dois dire que c'est une des choses que j'aime le plus, quand la saison sèche est là, le ciel redevient absolument bleu et sans nuage.

Personnellement, je trouve à la saison sèche une certaine normalité. C'est durant cette période que j'ai commencé à vivre au village.
Enfin, et désolé pour les personnes qui doivent supporter le froid et l'absence de soleil, il fait entre 38 et 40°C tous les après-midi et c'est agréable (à condition de boire).


PS: peut-être pour être un peu honnête quand je dis "on commence à avoir intégré le rythme des saisons" il va falloir attendre le mois d'avril et les grandes chaleurs pour voir si on a vraiment intégré!

mercredi 19 octobre 2011

Le mauvais mil et autres choses nouvelles à apprendre

Si mes matinées sont occupées par l'école, l'après-midi j'essaie d'avancer sur plusieurs projets à la fois: formation de responsables de jeunes, production d'émissions de radio et préparation d'enseignements. En ce moment c'est un peu chaotique car j'avance au fil des contraintes.

On a aussi décidé de continuer l'apprentissage linguistique et on a changé notre tuteur. C'est un ami avec lequel j'ai déjà travaillé, et qui vient de commencer le travail de traduction, qui nous aide une matinée par semaine.
Pour notre première séance de travail avec lui, on a proposé qu'il nous fasse visiter sa ferme.

Au mois de janvier dernier j'avais déjà fait cette visite. Au début, mon ami ne comprenait pas pourquoi je voulais voir ses champs mais au final cela s'était révélé très intéressant.

On a donc passé un bon moment avec lui à voir ces différentes cultures. J'ai pu me rendre compte qu'il y a encore énormément de vocabulaire que je ne connais pas comme les noms des différentes herbes et leur utilité, les différentes mauvaises herbes et les problèmes qu'elles posent etc.
Au delà du vocabulaire et des mots, j'ai aussi pu voir qu'il y a une grande masse de connaissance qu'il serait utile de relever et de conserver. Un jour où je ne sais pas quoi faire à l'école, pourquoi pas faire un herbier?

Et certaines choses étaient amusantes. Ainsi on a pu voir qu'il existe le mil et le mauvais mil.
Le mil est celui que l'on sème dans son champ.
Le mauvais mil est celui qui apparait dans un champ sans qu'on l'ait semé. L'autre nom qu'il porte est 'mil du caca des bœufs'. Ce sont des grains de mil qui viennent des excréments de bœufs et qui donne des tiges de mil là où il ne devrait pas y en avoir. Et ces tiges ne donnent pas grand chose donc sont mauvaises.

Illustration de cela sur la photo suivante prise dans un champ à côté de la maison. Les trois tiges sont du 'mauvais mil' qui à cette période de l'année (octobre) se distinguent très bien du maïs.

mardi 4 octobre 2011

Ecole à la maison


Comme je l'ai dit dans un post récent (lire ici), Simon a commencé l'école et on fait la scolarisation à la maison. C'est la solution qui nous paraissait la plus adaptée.
Même s'il y a une école primaire au village et que la scolaristation des enfants se fait en français, on a choisi de gérer la scolarisation nous même. On ne voulait pas que Simon prenne la place d'un enfant du village d'autant que des nouveaux élèves ne sont pas toujours acceptés chaque année du fait des effectifs très importants.

Lors d'un récent séjour à Cotonou, j'ai pu acheter pas mal de choses pour commencer la classe avec Simon. On m'avait déjà donné des supports donc du coup j'ai une bonne base documentaire.
On peut trouver des livres d'activités qui viennent de France mais on trouve aussi beaucoup de livres faits pour les élèves africains. Il y a par exemple une collection qui s'appelle 'Les classiques africains' et qui couvre le graphisme, l"écriture et les mathématiques.
Ce sont des livres bien faits et en combinant plusieurs on arrive à pas mal de variétés d'exercices et d'activités. La seule différence notable avec des manuels venant de France est qu'il y a moins de couleurs (ce sont souvent des livres en noir et blanc) et qu'il n'y a pas de trucs amusants comme des autocollants.
Ce qui est bien c'est que les dessins, les exemples d'objets sont réalistes c'est à dire que par exemple il faut regrouper des éléments et on a des dessins d'arachides, de noix de coco, de noix de kola soit des choses que Simon connaît bien (sauf les noix de kola qu'il n'a pas encore vu).

En tous cas pour le moment j'arrive à construire un programme pour Simon. C'est un peu différent des consignes du programme officiel pour la maternelle en France mais je ne pense pas que cela pénalise Simon.

Simon aime toujours bien l'école (même s'il disait à sa maman il y a deux jours qu'il n'apprend rien de nouveau). Du coup, ça a été séance peinture ce matin - ça ça a été une bonne nouveauté.
C'est intéressant c'est de voir comment Simon a progressé en un mois. Alors que les dessins et les coloriages n'ont jamais été son truc, il s'applique et peut faire des jolis choses. Le week-end dernier il demandait même à faire des coloriages dans un livre de jeu.

mardi 20 septembre 2011

Des chauffeurs de camions

Notre maison se trouve juste à côté de la route nationale inter-état numéro 2 (RNIE 2). C'est l'axe routier qui relie le Bénin au Niger et du Niger va se poursuivre vers le Burkina-Faso. Inutile de dire qu'il y a énormément de camions qui circulent jour et nuit (sans pour autant que ce soit très bruyant d'ailleurs).

Un collègue disait il y a quelques semaines avoir un double sentiment face aux camions et aux chauffeurs. Irritation quand on croise des véhicules surchargés, des convois en panne dans un virage sans visibilité etc... . Mais aussi pitié par rapport à la pénibilité du travail pour les équipages (chauffeurs et apprentis). En effet, les chauffeurs, comme le nom l'indique doivent conduire là où les propriétaires des camions leur disent d'aller. Ils doivent gérer les aléas de la route: accident, pannes etc. sachant qu'il n'y a pas partout des garages, des endroits pour les accueillir.

Il y a quelques jours, un camion est tombé en panne juste devant chez nous.
Il est resté deux jours et le chauffeur s'est abrité sous le toit d'un garage construit pour une des maisons de la propriété. J'ai pensé que c'était une bonne idée de sa part et que ça ne gênait personne. Plus tard dans la nuit j'ai trouvé que c'était une excellente idée car une gros orage s'est abattu et être à l'abri était bien (ce que le chauffeur m'a confirmé le lendemain matin).
Juste avant de partir, le chauffeur est venu nous remercier pour l'accueil (on leur avait offert du Milo le matin) et on a discuté un peu. Il m'a dit qu'il devait aller de Cotonou à Zifa sur la frontière Niger-Tchad soit 2477 km aller. Et il était déjà tombé en panne au quart du chemin! Inutile de dire que la suite du chemin représentait un défi et qu'il était un peu inquiet.

Je parlais de mélange d'irritation et de pitié face aux camions. Ce soir là c'était de l'admiration face au courage du chauffeur et de son apprenti qui dans la nuit reprenaient le chemin vers le nord.

PS: le Milo(R) est une boisson chocolatée.

vendredi 9 septembre 2011

Ce qu'il y a de bien à la saison des pluies


Dans un post récent je disais que la saison des pluies avait mal démarré (voir ici). Il semble que depuis quatre semaines, les pluies ont vraiment commencé et on est donc en pleine saison des pluies.

Il y a deux semaines, on revenait d'un voyage dans le sud et le centre du Bénin et arrivant près de chez nous, j'ai été très frappé par les paysages très verts qu'on voyait le long de la route.


Ça m'a donné l'idée de réfléchir à
quelques choses positives sur la saison des pluies. Les voici (liste non exhaustive):
  • Les paysages sont très beaux en saison des pluies car on a des camaïeux de verts partout où on regarde.
  • La météo n'est pas prévisible. Ça fait un changement notable par rapport à d'autres saisons où la question n'est pas de savoir chaque matin si il va faire beau et soleil mais plutôt quelle température on atteindra.
  • La végétation se développe à une vitesse impressionnante. Je suis toujours frappé par le fait qu'en quelques semaines, les pluies et la chaleur permettent une croissance très très rapide des plantes. C'est très visible sur le maïs de Simon dans notre propriété qui grandit de jour en jour.
  • On trouve plus facilement des légumes. Une des particularités du nord du Bénin (en comparaison avec le sud ou le centre) c'est qu'on trouve plus difficilement des légumes mais en saison des pluies c'est plus facile et ça fait du bien.
  • Les routes ne sont pas poussiéreuses et c'est même le contraire parfois.
Je ne peux pas dire que la saison des pluies est ma saison préférée mais je sais aussi qu'elle est indispensable car sans les pluies, pas de culture et donc pas de vie. Mais on apprend à vivre avec et à en apprécier les bénéfices.