Nous avons récemment passé quelques jours chez mes parents. Au cours d'une de nos nombreuses discussions à table, les garçons ont eu l'occasion de découvrir un peu de l'histoire familiale et de peut-être corriger quelques idées fausses.
Nous en sommes venus à discuter de si les grand-parents étaient du même village. Le grand-père (mon père donc) a alors dit qu'il venait d'un petit village de la campagne. C'est alors qu'il s'est fait interrompre par l'un des garçons qui lui a demandé s'il venait de la "brousse".
C'est vrai que pour lui, vivre à la campagne, c'est vivre dans ou près de la brousse et c'est quelque chose qu'il connaît bien.
Après correction, le récit se poursuit.
La description du village met en évidence que plus qu'un village c'était une petite ville. Et dans cette petite ville il y avait même plusieurs garages. C'est alors que l'autre garçon dit "Je ne savais pas qu'il y avait des voitures à l'époque de Papy!"
Passé le moment de surprise c'est l'occasion de dire aux enfants que leur arrière-arrière grand-père était l'un des premiers possesseurs de voiture. Cette voiture a d'ailleurs fini dans la rivière lors de la première guerre mondiale.
Je ne sais pas ce que les enfants retiendront de cela mais au moins ils en auront appris un peu plus.
lundi 22 février 2016
mardi 2 février 2016
Surprotéger ou ne pas surprotéger?
J'ai voulu écrire ce blog post depuis assez longtemps mais n'ai jamais eu trop le courage de commencer.
Une des questions que je me suis souvent posé est de savoir si, dans notre famille, nous ne protégeons pas trop nos enfants.
Quand nous sommes au Bénin, j'ai tendance à penser que nous (en tant que parents) avons beaucoup de contrôle sur ce que font nos enfants, sur leur environnement et sur ce qui les influence. Ainsi, ayant quelques amis au village mais n'étant pas scolarisés à l'école du village ils sont peu soumis à la pression de leurs pairs. De même nous contrôlons très facilement ce qu'ils peuvent visionner.
On pourrait se poser la question de savoir si nous ne les isolons pas trop même si l'isolement possible vient en bonne partie de notre situation.
Pourtant, nos trois enfants ont été exposés à des choses que peu de leurs camarades en France ont connu.
Ainsi, ils ont malheureusement vu quantité de vrais accidents de la route impliquant des personnes à moto et sans casque. Je ne dis pas qu'il y n'y a jamais d'accident en Europe mais les scènes d'accidents sont plus fréquentes sur nos routes béninoises et certainement plus "graphiques".
Je me souviens que l'un des garçons avait eu peur pendant plusieurs semaines chaque fois que nous voyions des motos nous dépasser. Cela s'était produit juste après que nous voyons un grave accident juste devant nous.
C'est aussi peut-être ce qui explique que ce même garçon, quand il jouait aux voitures, a souvent mis en scène des accidents gravissimes.
Ils nous ont aussi entendu parler de l'épidémie du virus Ebola à la fois parce que des collègues travaillant dans un autre pays étaient infectés mais aussi parce que l'on suivait l'évolution avec attention notamment quand l'épidémie a atteint le Nigéria.
Et puis ils nous ont aussi entendu parler d'évacuation en urgence et du fait que nous avons une liste de choses à faire et prendre en cas d'évacuation (y compris quelques jouets à eux).
Je sais aussi que l'un de nos garçons pense parfois encore à la classification en zone de couleur concernant les dangers auxquels sont exposés les expatriés ce qui montre qu'ils réfléchissent à ce qu'ils entendent et ce qu'on leur dit.
De ceci je retiens que l'on ne peut pas vraiment vivre en vase clos ou dans une bulle isolée. Il y a des influences que l'on peut contrôler et d'autres que l'on ne peut pas.
Et ceci n'est pas propre à notre choix de vie. Je n'imaginais pas que les enfants aient à pratiquer des exercices de confinement à l'école en France. C'est pourtant ce qu'ils ont fait en fin d'année dernière ; leurs enseignants tentant de leur expliquer sans trop dramatiser.
Une des questions que je me suis souvent posé est de savoir si, dans notre famille, nous ne protégeons pas trop nos enfants.
Quand nous sommes au Bénin, j'ai tendance à penser que nous (en tant que parents) avons beaucoup de contrôle sur ce que font nos enfants, sur leur environnement et sur ce qui les influence. Ainsi, ayant quelques amis au village mais n'étant pas scolarisés à l'école du village ils sont peu soumis à la pression de leurs pairs. De même nous contrôlons très facilement ce qu'ils peuvent visionner.
On pourrait se poser la question de savoir si nous ne les isolons pas trop même si l'isolement possible vient en bonne partie de notre situation.
Pourtant, nos trois enfants ont été exposés à des choses que peu de leurs camarades en France ont connu.
Ainsi, ils ont malheureusement vu quantité de vrais accidents de la route impliquant des personnes à moto et sans casque. Je ne dis pas qu'il y n'y a jamais d'accident en Europe mais les scènes d'accidents sont plus fréquentes sur nos routes béninoises et certainement plus "graphiques".
Je me souviens que l'un des garçons avait eu peur pendant plusieurs semaines chaque fois que nous voyions des motos nous dépasser. Cela s'était produit juste après que nous voyons un grave accident juste devant nous.
C'est aussi peut-être ce qui explique que ce même garçon, quand il jouait aux voitures, a souvent mis en scène des accidents gravissimes.
Ils nous ont aussi entendu parler de l'épidémie du virus Ebola à la fois parce que des collègues travaillant dans un autre pays étaient infectés mais aussi parce que l'on suivait l'évolution avec attention notamment quand l'épidémie a atteint le Nigéria.
Et puis ils nous ont aussi entendu parler d'évacuation en urgence et du fait que nous avons une liste de choses à faire et prendre en cas d'évacuation (y compris quelques jouets à eux).
Je sais aussi que l'un de nos garçons pense parfois encore à la classification en zone de couleur concernant les dangers auxquels sont exposés les expatriés ce qui montre qu'ils réfléchissent à ce qu'ils entendent et ce qu'on leur dit.
De ceci je retiens que l'on ne peut pas vraiment vivre en vase clos ou dans une bulle isolée. Il y a des influences que l'on peut contrôler et d'autres que l'on ne peut pas.
Et ceci n'est pas propre à notre choix de vie. Je n'imaginais pas que les enfants aient à pratiquer des exercices de confinement à l'école en France. C'est pourtant ce qu'ils ont fait en fin d'année dernière ; leurs enseignants tentant de leur expliquer sans trop dramatiser.
lundi 18 janvier 2016
On l'attendait, elle est enfin arrivée
Pour cette année en Europe nous avons des objectifs assez précis et clairs (par exemple: faire le bilan de notre travail, continuer de faire avancer le travail de la traduction, réflexions sur la suite de notre travail).
A côté de cela il y aussi des objectifs moins professionnels mais importants. Parmi ceux-ci, les enfants (et leurs parents aussi dans une certaine mesure) espéraient voir la neige et en profiter.
Après des semaines d'attente (et des semaines de manque de froid) la neige est enfin venue en petite quantité. Nul besoin de dire que les enfants ont été très heureux de cela. Pour Eve c'était une découverte. Pour Simon et Benjamin c'était presque une découverte car ils avaient peu (ou pas) de souvenirs d'en avoir déjà profité.
Voici ce que les garçons guettaient puis ont pu voir de la fenêtre de leur chambre.
Quant à moi j'ai pu me promener dans le Parc de Mme de Graffigny sous la neige, j'ai eu peu l'occasion de le voir comme cela mais je le trouve toujours très beau.
A côté de cela il y aussi des objectifs moins professionnels mais importants. Parmi ceux-ci, les enfants (et leurs parents aussi dans une certaine mesure) espéraient voir la neige et en profiter.
Après des semaines d'attente (et des semaines de manque de froid) la neige est enfin venue en petite quantité. Nul besoin de dire que les enfants ont été très heureux de cela. Pour Eve c'était une découverte. Pour Simon et Benjamin c'était presque une découverte car ils avaient peu (ou pas) de souvenirs d'en avoir déjà profité.
Voici ce que les garçons guettaient puis ont pu voir de la fenêtre de leur chambre.
Quant à moi j'ai pu me promener dans le Parc de Mme de Graffigny sous la neige, j'ai eu peu l'occasion de le voir comme cela mais je le trouve toujours très beau.
jeudi 14 janvier 2016
Trajets et vitesse
Il y a quelques jours nous discutions avec deux amis de nos déplacements quand nous sommes au Bénin. On en est venu à dire que l'unité de mesure d'un déplacement n'est pas la distance en kilomètre mais la durée. Ainsi, pour un long voyage (plusieurs centaines de kilomètres) on s'est rendu compte qu'il faut compter une moyenne de 50 km/h pour estimer le temps que cela prendra. Il y a des endroits où on peut rouler vite, des endroits plus chargés et des bouchons ou des accidents entre les deux.
Pendant la période des fêtes nous sommes allés en Angleterre. Nous avions fait le choix de prendre le train et nous avons beaucoup apprécié de pouvoir voyager en train (en fait TGV puis Eurostar puis train classique).
On a aussi bien aimé le fait de savoir à quelle vitesse nous allions tant dans le TGV Est que dans l'Eurostar. Et je ne résiste pas au plaisir de donner quelques photos en dessous. On est loin de nos 50 km/h de moyenne!
Pendant la période des fêtes nous sommes allés en Angleterre. Nous avions fait le choix de prendre le train et nous avons beaucoup apprécié de pouvoir voyager en train (en fait TGV puis Eurostar puis train classique).
On a aussi bien aimé le fait de savoir à quelle vitesse nous allions tant dans le TGV Est que dans l'Eurostar. Et je ne résiste pas au plaisir de donner quelques photos en dessous. On est loin de nos 50 km/h de moyenne!
mardi 12 janvier 2016
2016
Je n'ai pas été régulier sur ce blog ces derniers temps ce dont je m'excuse. Je tenais quand même à présenter mes meilleurs voeux pour l'année 2016.
samedi 5 décembre 2015
Résoudre nos problèmes d'adresse?
Cette semaine j'ai lu un article très intéressant dont le lien est ici ('Addressing 4 billion People In Three Words' par Frédéric Filloux).
Dans cet article, l'auteur présente un système simple et universel (What3Words) qui devrait permettre de donner localiser tous les endroits partout dans le monde (l'endroit étant un carré de trois mètres de côté à la surface du globe).
En lisant cet article je me suis souvenu d'un petit épisode que nous avions vécu il y a un peu plus de trois ans.
Nous avions décidé d'ouvrir un compte bancaire dans la ville la plus proche de notre village. Dans les documents à remplir il fallait donner notre adresse; notre "vraie" adresse et non pas notre numéro de boîte postale.
Dans notre village il n'y a pas d'adresses: les gens savent où habitent les uns et les autres et pour nous trouver il faut demander la maison de Maaku ou la maison des blancs.
On a donc composé notre propre adresse et le tour était joué.
Sauf que cette adresse n'est pas vraiment utilisable. Pour le moment, et pour autant que je sache, seule la ville de Cotonou a mis en place un système d'adressage et d'identification des rues et des maisons.
Le What3Words système pourrait donc être un système très pratique pour avoir des adresses simples et permettre le développement de pleins de services (comme l'article le dit, lire ici).
Et puis, on peut toujours rêver, peut-être pourra-t-on se faire livrer par Amazon dans quelques années.
P.S.: la photo est une vue aérienne de notre village (vue prise sur Google maps)
Dans cet article, l'auteur présente un système simple et universel (What3Words) qui devrait permettre de donner localiser tous les endroits partout dans le monde (l'endroit étant un carré de trois mètres de côté à la surface du globe).
En lisant cet article je me suis souvenu d'un petit épisode que nous avions vécu il y a un peu plus de trois ans.
Nous avions décidé d'ouvrir un compte bancaire dans la ville la plus proche de notre village. Dans les documents à remplir il fallait donner notre adresse; notre "vraie" adresse et non pas notre numéro de boîte postale.
Dans notre village il n'y a pas d'adresses: les gens savent où habitent les uns et les autres et pour nous trouver il faut demander la maison de Maaku ou la maison des blancs.
On a donc composé notre propre adresse et le tour était joué.
Sauf que cette adresse n'est pas vraiment utilisable. Pour le moment, et pour autant que je sache, seule la ville de Cotonou a mis en place un système d'adressage et d'identification des rues et des maisons.
Le What3Words système pourrait donc être un système très pratique pour avoir des adresses simples et permettre le développement de pleins de services (comme l'article le dit, lire ici).
Et puis, on peut toujours rêver, peut-être pourra-t-on se faire livrer par Amazon dans quelques années.
P.S.: la photo est une vue aérienne de notre village (vue prise sur Google maps)
dimanche 29 novembre 2015
Et le i on l'écrit?
Même si nous sommes absents du Bénin depuis quelques mois on continue à travailler en monkolé. Hilary supervise la traduction à distance et de mon côté j'ai du travail que je peux faire comme saisir les chants des chorales ou préparer un guide de lecture.
Récemment nous avons eu une discussion intéressante par rapport au monkolé.
Hilary remarquait qu'il avait fallu, dans le passé, se demander si on écrivait tous les i en monkolé. En effet les i disparaissent souvent à l'oral.
Elle donnait l'exemple suivant. On dit "Ǹ wa n bɔ ikɔ" (c'est-à-dire je suis en train d'aller au champ) mais cela se prononce [Ǹ wa n bɔ kɔ]. Dans ce cas on n'entend pas le "i" de ikɔ; il y a une liaison directe entre "bɔ" et "kɔ". La question avait été: faut-il écrire ce que l'on entend ou écrire les mots complets?
Au même moment je venais de saisir sur l'ordinateur les chants des chorales monkolés. Or je me suis rendu compte que ces chants avaient été écrits d'une façon qui se rapprochait de l'oral. Ainsi, dans beaucoup de chants on écrit "'laaɔ̃" au lieu de "Ilaaɔ̃" (c'est-à-dire Dieu).
Cela donne par exemple "Oo ǹ saabu 'laaɔ̃ do mii í ce nwa" sur l'aide de "Je louerai l'Eternel". Il semble donc que dans le passé on écrivait en tenant compte de la prononciation mais par contre on ne retrouve pas cela dans le Nouveau Testament en monkolé et .
Récemment nous avons eu une discussion intéressante par rapport au monkolé.
Hilary remarquait qu'il avait fallu, dans le passé, se demander si on écrivait tous les i en monkolé. En effet les i disparaissent souvent à l'oral.
Elle donnait l'exemple suivant. On dit "Ǹ wa n bɔ ikɔ" (c'est-à-dire je suis en train d'aller au champ) mais cela se prononce [Ǹ wa n bɔ kɔ]. Dans ce cas on n'entend pas le "i" de ikɔ; il y a une liaison directe entre "bɔ" et "kɔ". La question avait été: faut-il écrire ce que l'on entend ou écrire les mots complets?
Au même moment je venais de saisir sur l'ordinateur les chants des chorales monkolés. Or je me suis rendu compte que ces chants avaient été écrits d'une façon qui se rapprochait de l'oral. Ainsi, dans beaucoup de chants on écrit "'laaɔ̃" au lieu de "Ilaaɔ̃" (c'est-à-dire Dieu).
Cela donne par exemple "Oo ǹ saabu 'laaɔ̃ do mii í ce nwa" sur l'aide de "Je louerai l'Eternel". Il semble donc que dans le passé on écrivait en tenant compte de la prononciation mais par contre on ne retrouve pas cela dans le Nouveau Testament en monkolé et .
Inscription à :
Articles (Atom)



