samedi 28 juillet 2012

Bus et cinéma ouest-africain

J'ai eu l'occasion de faire plusieurs voyages en car cette année et vais avoir d'autres occasions dans l'avenir. J'ai du faire plusieurs voyages à Cotonou et pour cela le bus est plus pratique.
Au cours de ces voyages, les chauffeurs diffusent des films. Certains de ces films sont des films béninois mais il y a aussi des films ghanéens et nigérians. Ce qui est intéressant dans le cas des films ghanéens et nigérians c'est qu'ils sont très souvent doublés en français ce qui laisse supposer que les producteurs veulent avoir une audience assez large en Afrique.

Ce qui suit n'est pas une description exhaustive du sujet mais quelques réflexions personnelles.

Ce qui est marquant dans les films béninois:
  • Souvent les structures en place sont moquées (en particulier les autorités) et la corruption est dénoncée (c'est le cas du petit film Mon commissaire). Beaucoup de ces films sont des comédies avec des figures classiques comme la répétition ou l'exagération.
  • Il y a fréquemment la volonté de montrer la résistance des structures traditionnelles (c'est-à-dire la capacité à résister aux pressions du changement).
  • Les nouveaux riches sont souvent caricaturés et moqués, de même que ceux qui oublient les traditions.

Les films nigérians ou ghanéens sont différents:
  • Les films sont souvent en plusieurs épisodes (peut-être que le fait que ce soit des CD vidéos explique cela).
  • Dans la majorité des cas, les personnages sont des classes moyennes urbaines et professionnelles.
  • Les rivalités entre frères ou entre soeurs sont un ressort important (c'est le cas dans les derniers que j'ai vu comme Soeurs de sang ou Princess Tyra).
  • La réussite par le travail et/ou l'argent ainsi que l'ambition sont des thèmes centraux. De même l'individu est mis en valeur par rapport à la communauté même si cela implique.

Une conclusion personnelle est que les films nigérians et ghanéens diffusent des valeurs nouvelles (individualisme, réussite materielle) ce qui est moins le cas (ou pas le cas) des films béninois.
Cependant, il est intéressant de noter des points communs entre tous ces films:
  • Les récits sont basés dans le sud de chacun de ces pays. Une seule fois j'ai vu une référence au nord Nigéria.
  • Les conseils des vieux restent écoutés (même s'ils ne sont pas toujours obéis).
  • La religion reste clairement présente; que ce soient les religions traditionnelles ou le Christianisme.

mercredi 18 juillet 2012

Joue la comme Beckham

Dimanche dernier, il y avait dans notre église la fête des enfants. C'était une journée pour mettre en avant les enfants et aussi pour leur permettre de faire des activités spéciales.

Parmi les activités organisées, il y avait des matchs de foot. Ce qui m'a marqué c'est qu'il y a eu un match filles contre garçons.
Ce match semblait être une grande première. Il faut dire que c'est très rare de voir des filles jouer au foot au village.

Nous sommes allés voir ce match en famille et c'était une bonne expérience. Les filles ont eu une mise en route un peu difficile mais ont réussi à s'améliorer rapidement avec le temps. Les garçons avaient l'avantage de l'expérience et de la technique mais le terrain était pleins d'obstacles pour eux.

Le score final était très en faveur des garçons qui ont surtout marqué des buts pendant la première mi-temps. C'était bien que les filles puissent faire des choses qu'elles ont peu l'habitude de faire.
Et qui sait, peut-être voudront-elles fonder leur propre club!

Pour finir, quelques photos (de mauvaise qualité car on s'est rendu compte qu'on avait oublié notre appareil à la maison).



Les filles jouaient en noir et les garçons en blanc.



Joueuse dépitée
après un but encaisé

P.S.: il existe des clubs féminins dans plusieurs villes et il y a deux ans, une collègue avait essayé d'encourager la pratique du foot chez les filles. Elle avait même organisé un tournoi.

samedi 30 juin 2012

Mois de juin

Le mois de juin touche à sa fin.

Quand j'habitais en Europe, c'était un mois que j'aimais bien: belles soirées, approche de la fin de l'année scolaire, météo correcte etc. (bon peut-être que mes souvenirs sont un peu embellis).

Ici les choses sont un peu différentes. Même si je n'ai pas tant d'expérience que cela, le mois de juin n'est pas mon préféré. En effet, c'est une période de transition. La saison chaude est finie (et ça c'est plutôt bien) mais les pluies ne sont pas encore totalement installées. Du coup il y a un certain air d'attente.
Tout le monde est pris par la préparation des champs donc c'est plus difficile de voir les gens, de pouvoir travailler avec eux.

Parmi les choses notables de ces dernières semaines.
  • Nous sommes allés à Cotonou pour plusieurs démarches administratives. Ca a été l'occasion de constater que le consulat était très performant pour faire les papiers (deux clics de souris et c'était fait ce qui n'est pas un mal car Benjamin essayait de tester la solidité des pots de fleurs).
  • Simon finit son année scolaire. Durant le mois de mai il a eu classe avec une jeune fille belge et le changement d'enseignant lui a fait du bien. Il a pu faire plus de travaux manuels (ce qui n'est pas mon fort). Cela lui a plu et lui a donné plus de confiance en lui.
  • On se rend compte qu'avec le mur autour de notre propriété les vaches ne viennent plus brouter l'herbe. C'était un peu l'objectif des travaux mais du coup il y a une végétation envahissante. A grands maux, grands remèdes, j'ai commencé à désherber (il faudra voir si ça marche). En effet, s'il y a trop d'herbes hautes, les serpents viennent se cacher. De plus d'après tous nos amis, ça fait sale quand les herbes sont trop hautes.

mercredi 30 mai 2012

Avril, mai et l'anxiété recommence

Vers la fin du mois de mars, dans des conversations avec des amis, un sujet a refait son apparition. Dans le même temps une certaine forme d'anxiété apparaissait aussi dans ces discussions (il est difficile de trouver un mot qui traduise au mieux l'impression que j'avais).

Avril-mai c'est la fin de la saison sèche et donc le début d'une nouvelle saison agricole.
Tous les gens que je connais sont agriculteurs; même ceux qui ont une autre activité professionnelle vont faire des champs. Les récoltes leur donneront la nourriture de base pour l'année. Cela permettra aussi de payer les fournitures scolaires pour les enfants, de réparer la maison et de faire face à des urgences.

Une nouvelle saison de travaux agricoles apportent son lot de questions: quand les pluies feront-elles leur apparition? quand les pluies s'installeront-elles de façon régulière? quand planter et quoi planter? y aura-t-il assez de main d'oeuvre pour les moments critiques? etc.

J'ai l'impression que toutes ces questions peuvent se résumer par une phrase 'la saison des pluies et la saison agricole seront-elles suffisamment bonnes pour permettre à la famille de vivre?'
Et c'est là qu'on comprend l'anxiété car beaucoup de décisions importantes sont à prendre mais tellement dépend de la météo.

Donc chaque année le travail agricole reprend avec son lot d'incertitudes et d'anxiété.

mercredi 16 mai 2012

Spectaculaire mais ....

En ce moment je parle beaucoup de météo, c'est peut-être mon moi-un-peu-britannique qui aime bien cela.

Dans le post précédent (lire ici), je mentionnais qu'on a, quand arrivent les premières pluies, des vents de sable. On en a encore eu il y a quelques jours et j'ai pris quelques photos.







En voyant cela je suis très impressionné car c'est assez spectaculaire.

Cependant, je sais aussi qu'une grande partie de cette poussière ce sont les couches superficielles du sol qui sont enlevés par le vent rendant les terres agricoles encore plus fragiles.
Ces vents de sable sont spectaculaires mais les champs perdent donc une partie de la terre.

Et la pluie qui vient ensuite est souvent violente et poursuit le travail d'érosion. Bref, beaucoup de choses qui font que l'agriculture est difficile et fragile.

lundi 7 mai 2012

Fier malgré tout!

Durant le mois de mai nous avons avec nous une jeune fille venant de Belgique. Elle fait un séjour de quelques mois au Bénin et elle vient s'occuper de la scolarisation de Simon.

Ce qui m'a frappé dans les premiers jours de sa présence c'est que dans une certaine mesure je suis assez fier de notre climat (je ne trouve pas de mot qui exprime bien les choses dont 'fier' devra aller). 

Certes, il y a des mois qui sont plus difficiles que d'autres. En particulier avril et mai ne sont pas drôles tous les jours avec des températures continuellement élevées.

Cependant, dans les premières heures de son arrivée, notre visiteuse a pu voir la variété et le caractère un peu extrême de la météo par chez nous. Ainsi elle a commencé son séjour avec un après-midi autour de 42°. Dans la soirée elle a ensuite eu un bel orage avec une bonne pluie (ça fait descendre la température et augmenter l'humidité). Et le lendemain elle a vu un grand vent de sable venir nous distribuer un peu de poussière en plus.

Dans l'ensemble c'est très spectaculaire et c'est cela que j'aime bien. Notre climat ne fait pas dans la demi-mesure: tout est toujours en grand! C'est peut-être cela que j'aime et dont je suis un peu fier.

La photo a été prise par Hilary en fin d'après-midi il y a quelques jours avant un orage. La couleur très orange est tout à fait naturelle et spectaculaire!

mercredi 25 avril 2012

couleurs de saison sèche

Lors de ma première saison sèche dans le nord du Bénin (en 2010), la chose qui m'avait frappé le plus était le fait que tout le paysage autour de nous était couleur ocre (couleur de la terre sèche). Tout est sec, plus rien ne pousse.

Cette année, je suis toujours frappé par cela. C'est très impressionnant de voir comment la végétation disparait rapidement.
Mais j'ai aussi réalisé qu'il y a quand même des touches de couleurs. En effet, beaucoup d'arbres voient leurs feuilles nouvelles apparaitre à cette période de l'année.

De plus, dans notre propriété on a quelques très beaux arbres dont les fleurs ont de très belles couleurs.

Petit aperçu en images.



La partie sud de notre concession avec à droite un flamboyant en fleur et un tapis de fleurs tombées à ses pieds. A gauche, les bougainvilliers.




 
Une fleur de flamboyant.


Une fleur de frangipanier.