mercredi 26 juin 2013

Quelques impressions d'Europe

Depuis quelques jours nous sommes en France car nous prenons quelques semaines de vacances en Europe. Voici quelques réflexions que je me suis faites, réflexions rapides et pas nécessairement très objectives.

  • Si dans notre région (au Bénin) les pluies ont tardé à venir, les pluies semblent tarder à partir en France. Nous avons eu quelques journées grises et pluvieuses (et même fraîches). La contrepartie agréable est que les champs, les arbres, les espaces verts sont très verdoyants et que j'aime bien voir cela.
  • Revenir tous les deux ans en Europe permet de suivre un petit peu les évolutions technologiques. J'ai racheté un ordinateur portable et me suis rendu compte que ce n'était pas facile de trouver un ordinateur pas trop moderne pour supporter mes conditions de travail. Dans un domaine différent, j'ai aussi découvert que les voitures évoluaient vite. J'ai eu l'air un peu ridicule quand j'ai demandé au loueur de voiture de m'expliquer comment démarrer une voiture que l'on louait, il n'y avait ni carte ni clé mais un bouton à pousser.
  • Si nos routes se sont parfois améliorées au Bénin, les routes en Europe se dégradent. Certes, c'est encore loin des trous que l'on a pu voir dans le passé sur la RNIE 2 mais cela demande de la vigilance.
  • Je ne me lasse pas des légumes: c'est agréable de manger du chou-fleur, du brocoli car ce sont encore des denrées rares chez nous. Même les garçons apprécient cela. Comme quoi, pour que les enfants aiment les légumes, il suffit de les en priver pendant un long moment.

jeudi 13 juin 2013

Quand quelqu'un d'autre décrit mieux que moi

J'ai récemment lu un très bon blog post d'un journaliste de la BBC basé en Inde. L'article s'appelle 'Why is India obsessed with monsoon rains?' et se trouve ici (en anglais). Cet article décrit très bien ce qu'est l'attente de la saison des pluies.

L'auteur décrit dans un premier temps l'attente des premières pluies de mousson dans tout le pays ainsi que la couverture médiatique. Ensuite, le journaliste explique les raisons de cela notamment le fait que l'agriculture en Inde dépend totalement de ces pluies. Ainsi, 75% des pluies annuelles tombent entre juin et septembre et 70% des Indiens dépendent directement ou indirectement de l'activité agricole. Si l'agriculture représente 14,5% du PIB (Produit Intérieur Brut), elle emploie 58% de la population active.

J'ai bien aimé cet article car il explique en détail un phénomène assez similaire à ce qui se passe dans le nord du Bénin. Je ne suis pas en mesure de donner les chiffres sur l'importance de l'agriculture au nord du Bénin mais elle est certainement le premier employeur et toutes les familles dans les villages dépendent de leurs champs pour la nourriture.
Les pluies de la saison des pluies sont une mousson et, comme en Inde, elles sont concentrées entre juin et septembre.

Ce n'est donc pas surprenant si les dernières semaines nos amis et collègues au village ont commencé à être inquiets suite à l'absence de pluies régulières. Ce n'est pas encore un problème mis à part que la transition entre les grandes chaleurs et la saison des pluies est longue cette année. Par contre, tous disent "Si ça continue comme cela c'est mauvais!"

Alors que nous nous préparons à passer cinq semaines en Europe pour passer du temps avec nos familles, on aura quand même une pensée pour nos amis en espérant qu'ils aient les pluies nécessaires.

P.S.: et pour celles et ceux qui suivent régulièrement, rien n'a donc changé depuis ce bog post (voir ici)

mardi 11 juin 2013

Cérémonie de mariage (2)

Suite du post précédent sur une cérémonie de mariage. Le début est .

Après l'animation et l'arrivée du marié, il y a l'arrivée de la mariée.
Elle aussi est entourée d'un cortège et elle aussi visage grave pour ne pas montrer qu'elle est heureuse de quitter ses parents.


La jeune mariée sur cette photo a une robe de coupe occidentale mais le tissu était un tissu plus traditionnel mais là encore la photo ne rend pas compte des détails.




L'arrivée de la mariée peut-être précédée ou suivie de l'arrivée d'une prétendue fiancée éconduite que le marié ne
doit pas confondre avec sa femme. On lui demandera plus tard de bien s'assurer que c'est sa promise qui est assise à côté de lui.

Ensuite il y a le message par un pasteur et la bénédiction du couple. Le mariage en tant qu'acte d'état civil est fait en mairie. Durant la bénédiction les deux familles délèguent des représentants (ce ne sont pas les parents - qui parfois n'assistent pas au mariage). Ce sont eux qui assurent qu'ils seront prêts à aider le couple et donnent des conseils.




Après cette bénédiction, il y a le moment de présentation des cadeaux qui est l'occasion de beaucoup de dances, de chants et d'agitation. Toutes celles et tous ceux qui le veulent peuvent donner un cadeau aux mariés. Souvent, on dépose des pièces de monnaie ou des billets sur eux, tout étant ensuite récupérée dans une bassine avec tous les cadeaux. On lance aussi sur les mariés et sur la foule des bonbons.
C'est là que s'achève la cérémonie.

Après cela il y a le repas. Comme il y a en général beaucoup de gens présents, les différents groupes (familles des mariés, invités de marque, chorales etc.) mangent dans différents endroits.
Le défi dans l'organisation du mariage est de préparer à manger pour 500 à 600 personnes (comme lors des mariages où j'ai pris ces photos) donc souvent deux jours en avance toutes les femmes de la communauté sont mobilisées pour préparer le repas.


Après le repas, beaucoup se déplacent au domicile des nouveaux épous où les cadeaux et les effets de la jeune mariée sont apportés. Je n'ai pas été là pour cela donc ne peux pas en parler.

lundi 3 juin 2013

Cérémonie de mariage (1)

Dans un post précédent, je parlais d'une double cérémonie de mariage à laquelle j'ai été invité récemment (lire ici).

La cérémonie a eu lieu dans un village. Elle se déroulait en plein-air et sous l'ombre de nombreux manguiers ce qui était très agréable étant donné que l'on était en saison chaude.




Beaucoup de chorales sont invitées pour animer la première partie de la cérémonie. Certaines passent parfois plus de temps à s'installer avec leur matériel qu'à chanter mais l'essentiel est d'être là d'autant que la personne présidant la cérémonie s'assure que chaque chorale est traitée assez équitablement.
Ce temps d'animation musicale est l'occasion pour les chorales de présenter de nouveaux chants. Avec l'arrivée des téléphones portables équipés de caméra et de micros, c'est aussi un moyen de diffuser tous ces chants.

Le premier grand moment est l'arrivée du marié avec son cortège. Il est accompagné d'un jeune homme ou d'un jeune garçon qui le guide, lui arrange ses vêtements, prend soin de lui.




Ce qui frappe tout de suite lors de l'arrivée du marié est qu'il ne fait pas de sourire. Il a un visage grave, montrant pas d'émotions.
Sur cette photo, le marié porte un costume traditionnel. Malheureusement, la mauvaise qualité de la photo ne fait pas justice à la qualité du tissu et des broderies. Certains mariés choisissent un costume occidental.

Je vais pauser ici et continuer dans un autre post la suite de la cérémonie.

lundi 27 mai 2013

Notre langue et la langue des blancs

Lorsque les monkolés parlent de leur langue ils disent "la langue" ("fee"). Lorsqu'ils parlent des autres langues, ils disent, par exemple, la langue des peuhls ("fee fulɛ") ou la langues des baribas ("fee baagu").

Il existe aussi "
fee bature" c'est-à-dire la langue des blancs. Pour beaucoup encore, il n'y a qu'une langue des blancs. Les jeunes savent aussi que l'anglais existe (car ils ont des cours d'anglais à l'école) et certains parlent de "fee anglisi".

Avec le temps, il y a un phénomène que j'ai remarqué. Quand je demande comment on dit un mot ou une expression en monkolé, je dis
"fee nwa" c'est-à-dire notre langue. Plus exactement je dis "Bɛirei à ya ni ... do fee nwa" [comment on a l'habitude de dire dans notre langue ...].
Par contre, quand je parle d'un mot ou d'une expression en français, je parle de
"fee bature" ("Do fee bature à ya ni ..." [Dans la langue des blancs on a l'habitude de dire ...]).

Tout cela pour dire que même si personne n'est dupe avec mon accent, je peux quand même m'attribuer une place dans la communauté monkolophone.

lundi 20 mai 2013

Où les légos parlent anglais

J'ai déjà parlé du fait que nos garçons sont bilingues et qu'ils sont aussi OPOL (one person one language - voir ). C'est intéressant d'entendre quelle langue ils parlent quand ils jouent. Le fait qu'ils soient fans de légos offre un grand terrain d'expérience.

Dans ses jeux, Simon utilise presque exclusivement l'anglais quand ses personnages parlent. Benjamin, quand il est seul, utilise surtout le français.

Récemment je jouais avec eux et je commençais à faire parler mes personnages en français. Simon m'a tout de suite repris et m'a dit qu'ils ne parlaient qu'anglais.
Apparemment
OPOL concerne les personnages légos aussi! Et donc j'ai fait parler mes personnages en anglais tout en sachant que normalement Simon trouve bizarre (et hilarant) que je parle moi-même en anglais.


Et pour finir une réalisation récente qui est la réinterprétation du restaurant Gusteau (ils aiment bien le film Ratatouille) avec un poste de police pour garder l'entrée.



mercredi 15 mai 2013

Où la pluie refait parler d'elle


Deux expressions monkolées que j'aime:

'ijĩ í bi ku naa'
c'est-à-dire la pluie veut venir.

'ijĩ wa dɛ ku naa'
c'est-à-dire la pluie est en train de chercher à venir.

Ce sont deux expressions que l'on a souvent entendu ces derniers temps.

En effet alors que cette année les grandes chaleurs se sont arrêtées assez tôt, les pluies ont commencé tardivement (et ce ne sont pas encore les grandes pluies). Du coup, on a souvent eu des après-midi où on voit le ciel se couvrir, les nuages d'orage s'assembler et la pluie passer soit au sud, soit au nord mais jamais chez nous!
Et donc on entendait ces commentaires
'ijĩ í bi ku naa' ou 'ijĩ wa dɛ ku naa' avec une pointe de déception.