lundi 25 mars 2013

Processus d'explication législatif

Il y a quelques jours pendant les cours de l'école biblique nous avons eu la visite d'une délégation du centre social de Kandi. Une de leur représentants voulait profiter de notre rassemblement pour faire la promotion de la récente loi "portant sur la prévention et la répression des violences faites aux femmes" votée en 2012 au Bénin.



Photo prise pendant l'intervention

C'était une intervention bien faite qui a permis à tout le monde d'entendre un résumé de ce que dit la loi. Sont punis les violences physiques, les violences sexuelles mais aussi les violences économiques (c'est-à-dire le fait d'empêcher une femme d'avoir une activité économique) et les violences médicales (c'est-à-dire le fait d'empêcher une femme d'accéder à des soins médicaux nécessaires).

Ce qui était aussi bien c'est que les personnes présentes ont pu poser des questions sur cette loi. C'est peut-être d'ailleurs ce qui était le plus intéressant à écouter car les préoccupations des gens ressortaient alors. C'est la première fois de ma vie que j'ai vu des autorités prendre le temps d'expliquer une loi.
Voici quelques impressions que j'ai eues:
  • La grande crainte de beaucoup c'est que si la loi existe et qu'il y a unanimité sur le fait qu'elle est bonne, elle ne sera pas pour autant appliquée. Des précédents semblent inspirer ce pessimisme et la représentante a essayé de démontrer que les craintes sont peut-être inutiles en particulier du fait des efforts de pédagogie qui sont mis en oeuvre.
  • La question des violences économiques a été aussi très débattue car derrière se pose la question de la répartition des charges familiales dans le foyer. La répartition des charges c'est qui paye quoi et en particulier qui assume les coûts de scolarisation des enfants et qui paye les dépenses de vie quotidienne.
  • Enfin, la question de la parité, qui n'entre pas dans le cadre de cette loi, était dans toutes les têtes. C'est une des questions qui fait beaucoup débat en ce moment et ce dans l'ensemble du pays. On voyait que des avis contradictoires existent et certains s'exprimaient avec une certaine véhémence. De même la question de la définition des rôles était au centre des discussions et des échanges là encore des points de vue très différents existants.
En tous cas la paillotte a fait la preuve de son utilité en nous donnant un cadre agréable pour les discussions. L'intervention prévue pour durer un quart d'heure a duré une heure.

lundi 18 mars 2013

Les chiffres c'est très vite très compliqué

Depuis deux semaines les cours de l'école biblique ont commencé. Qui dit école biblique dit lire la Bible et donc chercher des chapitres et des versets. Et c'est là qu'on voit que les chiffres en monkolé sont un peu complexes.

De un à dix, c'est assez facile.
1 = akã
2 = minji
3 = mɛɛta
4 = mɛɛ
5 = miu
6 = mɛɛfa
7 = mɛɛje
8 = mɛɛjɔ
9 = mɛ
ɛsã
10 = mɛɛwa

De onze à quinze c'est moins simple car il y a deux façons de compter.
11 = mɛɛwa do akã (10+1 littéralement) = maatakã
12 = mɛɛwa do minji = maateeji
13 = mɛɛwa do mɛɛta = maatɛta
14 = mɛɛwa do mɛɛ = maatɛ̃ɛ
15 = mɛɛwa do miu = maatũ

De seize à dix-neuf, c'est encore plus dur.
16 = mɛɛwa do mɛɛfa = maatũ do akã
17 = mɛɛwa do mɛɛje = maatũ do minji = kɔnfia mɛɛta kù wasi (littéralement 20 trois n'est pas là)
18 = mɛɛwa do mɛɛjɔ = maatũ do mɛɛta = kɔnfia minji kù wasi
19 = mɛɛwa do mɛɛsã = maatũ do mɛɛ = kɔnfia akã kù wasi

Et vingt est plus simple: kɔnfia

Mais chacun peut lire comme il ou elle veut et peut combiner les différentes façons. Ainsi pour dire Luc 18:19 soit évangile de Luc chapitre 18 verset 19 on peut dire:
Luku iri maatũ do mɛɛjɔ isɛɛde maatũ do mɛɛ
ou Luku iri maatũ do mɛɛjɔ isɛɛde kɔ̃nfia akã kù wasi

Et pour finir, j'ai entendu ce matin quelqu'un dire le nombre quatorze de la façon suivante 'maatũ akã kù wasi'. Ca change donc déjà de ce que j'ai écrit!

Voilà pour une introduction aux chiffres en monkolé. Prochaine étape, parler de l'argent et des sommes d'argent en monkolé!

lundi 11 mars 2013

Les choses changent (2): les camions - enfin pas vraiment

Depuis quelques mois on peut voir l'affiche qui est en photo le long de la route inter-état dans Kandi. Tous les camions qui montent vers le Niger passent devant et sont donc face au message: "La surcharge un frein à la mobilité des biens et des personnes".



Sur la photo accompagnant l'affiche on voit un camion qui est tombé dans un trou, ce même trou étant provoqué par le passage fréquent de camions trop lourds.

Je ne peux qu'être d'accord avec ce message d'autant qu'on a souffert des routes dégradées jusque dans un passé récent.
Un camion peut transporter 70 tonnes de marchandises. Les routes ne sont pas conçues pour supporter cette charge et cela même si, selon ce que m'a dit un collègue, les routes sont conçues selon un standard qui prend en compte le climat et les pluies.
Cependant même si je trouve que cette campagne est bonne j'ai des doutes quant à son impact. Un camion semble être fait pour être chargé y compris au delà de sa capacité.

Cela dit certains transporteurs commencent à faire circuler des camions moins chargés. Et certains interdisent même aux chauffeurs de transporter des choses qu'ils veulent pour leur compte.  Peut-être ces propriétaires ont-ils réalisés que les camions vont plus vite et que l'usure est moindre.

mercredi 6 mars 2013

Un autre construction est finie et se révèle très utile

Il y a quelques semaines j'ai encore fait faire quelques travaux; travaux qui n'étaient pas de l'ampleur de ceux effectués l'année dernière. Nous avons fait achever une paillotte qui se trouve dans notre propriété.


La paillotte en mars 2012

La construction de cette paillotte a été commencée en 2009 et elle a été faite en mémoire du fils d'un couple de collègues qui était décédé au Bénin. On avait fait poser le toit l'année dernière et cette année j'ai fait faire les finitions (sol, bancs, crépissage).

Depuis quelques jours on a commencé à l'utiliser pour l'école biblique de saison sèche. C'est un très beau bâtiment; spacieux, bien aéré et l'acoustique est pas mal. C'est très agréable d'y faire cours et d'y suivre des cours.
A présent que tout est fini on se rend compte qu'il y a pas mal de potentiel. Reste à aménager les abords et à planter des arbres pour avoir un peu plus d'ombre. Pour cela il faudra attendre la prochaine saison des pluies.


Cours sous la paillotte en mars 2013

lundi 25 février 2013

Faire parts, ma nouvelle activité du moment

La période des mois de mars à mai est la période des mariages dans notre région. Il me semble qu'il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord les travaux agricoles sont finis et les récoltes sont rentrées donc les familles sont libres pour les préparatifs. Ensuite les récoltes commencent à être vendues donc les familles ont de l'argent disponible.

J'ai découvert une nouvelle activité que je peux ajouter dans un éventuel bilan de compétences. C'est la préparation des faire-parts de mariage. Pour éviter de faire du mal à mes soeurs, je les rassure, il n'y a pas de risque de concurrence, je suis dans une catégorie bien inférieure en termes de carterie.

Plusieurs personnes sont venues me voir
récemment pour me demander de faire leur faire-parts. C'est intéressant de voir les attentes par rapport à cela.
  • D'abord ce ne sont pas les fiancés qui se chargent de faire ou commander le faire-part. C'est le père ou un grand frère qui s'occupent de tous les préparatifs et cela semble inclure la préparation des faire-parts. Par conséquent j'ai du être directif en ce qui concerne la rédaction car beaucoup voulaient le faire-part sans avoir une idée précise de leurs attentes.
  • Les faire-parts sont surtout destinés à des collectivités. Peu sont destinées à des personnes individuelles. Du coup ça fait moins à faire!
  • Le but est de faire part donc il n'y a pas de pression à faire toujours plus original ou différent. Ça tombe bien pour moi qui n'ai pas les mêmes dons que mes soeurs! En fait, les formes semblent assez figées et personnes ne semble s'offusquer que les faire-parts se ressemblent beaucoup.
  • Cependant, avec le temps de petites choses changent. Cette il y a mention qu'un cocktail sera offert à la fin. Comme je le supposais c'est bien d'un repas dont il s'agit mais les personnes auquelles j'ai demandé trouvent que cocktail sonne mieux que repas. L'ajout de cette phrase est destinée à annoncer à tous les invités qu'il y aura un repas. Je n'ai pas osé faire remarquer que culturellement je ne peux pas imaginer une cérémonie sans repas de mariage après.

Enfin, je me demande combien de temps je ferai cela car je pense que comme dans beaucoup de domaines, les faire-parts deviendront de plus en plus sophistiqués et là j'aurai atteint mon seuil d'incompétence.
En tous cas, au mois d'avril nous sommes invités à trois mariages déjà et il va falloir que je me préoccupe de ma garde-robe.

dimanche 17 février 2013

Ce que c'est beau!

Nous sommes récemment descendus à Cotonou en famille. Nous avions un rendez-vous important au consulat.

Si le voyage est long (12h25 avec pauses pour faire les 658 kilomètres du voyage) les garçons (il faudra que bientôt j'écrive les enfants) peuvent voir différents paysages au cours du voyage. A cette période de l'année (saison sèche au nord et approche des premières pluies au sud) les contrastes sont très nets entre les régions.

Durant ces jours j'ai été frappé par deux remarques de Simon. Alors qu'on était en train de rouler dans la vallée de l'Ouémé il regardait par la vitre et s'exclame "c'est beau!". C'était vrai car on voyait des champs verts, des prairies, des rivières etc.



Le lendemain nous étions en train de rouler sur l'autopont quand Simon dit encore que ce qu'il voit est très beau. On voyait alors la ville et le trafic mais aussi la mer au loin, le lac Nakoué et le village des pêcheurs.

Si je parle de cela c'est que c'est amusant d'entendre Simon exprimer ce qu'il trouve beau. C'est d'ailleurs un des objectifs des cours d'art visuel qu'il suit. Il est aussi intéressant de noter que ce qu'il trouve beau ce sont des choses très différentes de son quotidien. L'herbe verte et les rivières sont un lointain souvenir et nous sommes loin de Cotonou. Il aime bien là où on vit (et il le répète souvent) mais il sait aussi apprécier ce qui est différent (ou même très différent) de son vilage.

P.S.: la photo est un ciel d'orage dans la vallée de l'Ouémé (22/09/2012).


lundi 11 février 2013

Designer's clothes

Hilary avait acheté des bodies blancs pour que Simon et Benjamin puissent les décorer. C'est une activité qu'ils aiment et ils s'en sont donnés à coeur joie avant la naissance d'Eve et après.



Simon s'est peut-être laissé déborder par son imagination. Sur un des bodies de sa petite soeur il a dessiné une scène que l'on voit peu dans les vêtements pour enfants: un soldat qui attaque un monstre!
C'est sûr que l'on ne fait pas dans la mode petite lolita avec ça.

En tous cas, Eve ne semble pas faire de cauchemars pour autant.