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La semaine passée j'ai évoqué la cérémonie à laquelle nous avons assisté récemment lors du cinquième séminaire ordinaire de la commission linguistique monkolée (lire ici).
Durant la cérémonie il y a eu une brève présentation des activités de cette commision linguistique monkolée au cours des quatre dernières années. C'était intéressant d'entendre cette présentation car cela m'a permis de découvrir les activités de cette association.
Voici quelques exemples de réalisations:
- le financement d'un reportage sur les traditions culturelles monkolées pour une chaîne de télévision;
- l'aide à la construction de logements pour les élèves et étudiants monkolés de façon à ce qu'ils puissent se loger dans les lieux où ils étudient;
- des médiations dans des conflits entre éleveurs et cultivateurs;
- soutenir la demande de l'installation d'un poste de gendarmerie dans un village pour lutter contre l'insécurité.
J'ai été frappé par le fait que cette commission linguistique prenne au sérieux la défense de l'intérêt des Monkolés ainsi que la préservation de la culture.
En ce qui concerne ce dernier point j'ai quand même un regret à propos du séminaire auquel nous avons assisté. J'ai trouvé dommage que les chorales que je connais des églises catholiques ou évangéliques n'aient pas été invitées. En effet, elles aussi participent à la transmission et au développement de la langue monkolée.
Peut-être devrais-je suggérer cela dans l'avenir?
Il y a quatre ans plusieurs amis du village nous avaient encouragés à aller dans le village d'Alfa-Koara où avait lieu une grande manifestation culturelle monkolée. Etant donné que les enfants étaient assez petits pour certains et étant donné que c'était en plein mois d'avril (mois des grandes chaleurs) on ne l'avait pas fait pensant qu'une autre occasion se présenterait.
Le week-end dernier avait lieu dans notre village le cinquième séminaire ordinaire de la commission linguistique monkolée et ce séminaire a lieu tous les quatre ans. Cette commission a pour fonction d'encourager la préservation de la culture monkolée de même que la défense des intérêts des Monkolés (j'en dirai plus dans un autre post).
Le samedi matin nous sommes donc allés à l'ouverture du séminaire et on a participé à ce qui ressemble à une cérémonie d'ouverture. Nous étions parmi les invités de marques et on s'est retrouvé placé à côté d'un ambassadeur, d'un employé des Nations-Unies, pas trop loin du préfet et du maire et surtout au premier rang.
La cérémonie alternait des discours officiels avec des présentations artistiques. Et parmi ces présentations on a pu voir:
une cavalcade très spectaculaire au cours de laquelle les cavaliers faisaient faire des pas de danse aux chevaux;
plusieurs spectacles de danse (ici la danse du feu);
des chanteurs contemporains dont certains chantaient en langue monkolée (ici Général Mokolo) .
Nous avons passé un très bon moment là et les enfants et nous étions très contents de ce que l'on a pu voir. Le fait d'être au premier rang assis sur un canapé rendait l'expérience encore plus agréable. Et à la fin on a été convié au repas avec les personnalités ce qui ne gâche rien.
P.S. je reprends les photos qu'Hilary a préparées pour un post qui se trouve ici.
Dans un récent post je mentionnais les opérations de déguerpissement qui ont eu lieu à Kandi (voir ici).
Ces opérations ne se sont pas arrêtées à Kandi car la semaine passée plusieurs bâtiments et maisons de notre village se sont vues indiquées qu'elles sont sous la menace de destruction.
A cet effet des grandes croix rouges sont peintes sur la façade des maisons concernées. Parfois, si ce n'est pas la totalité de la maison qui doit être rasée des signes indiquent quelle portion de la maison doit être détruite.
Sur la photo on voit que les gens qui habitent en face de chez nous de l'autre côté de la route pourrait perdre une partie de leur maison; il y a une croix rouge sur la façade. J'imagine que la haie d'arbres qui a été plantée il y a quelques années et que j'aime beaucoup pourrait elle aussi disparaître.
Une partie non négligeable de l'économie là où nous nous trouvons est informelle. C'est ce qui explique, en partie, le fait que l'on trouve partout des petites boutiques qui vendent beaucoup de choses différentes.
C'est tout particulièrement le cas le long des routes principales.
Récemment il semble que les autorités aient décidé de remettre de l'ordre dans l'organisation de l'espace urbain. Une première mesure se traduit par des opérations de déguerpissement.
Une telle opération a commencé à Kandi il y a quelques semaines. En quelques jours, tous les commerces qui se trouvaient le long des voies principales ont été priés de partir et ensuite les boutiques (plus ou moins solides) ont été détruites. La raison de ces destructions est que les boutiques étaient construites illégalement sur le domaine public.
Du coup le centre ville a l'air dévasté (et en plus beaucoup des boutiques que nous avions l'habitude d'utiliser ont disparu).
Il semble que ces opérations de déguerpissement provoquent des débats. Il est évident que des familles ont perdu toute source de revenus pour le moment (et ont peut-être perdu une partie de leur outil de travail).
D'autres, notamment ceux qui ont acheté des parcelles pour construire leurs boutiques, voient dans ces opérations le règlement d'une injustice mais aussi peut-être une occasion de voir le tri se faire dans la concurrence.
D'autres encore considèrent que les autorités devaient agir rapidement sinon les boutiques auraient été encore là pour des années.
En tous cas nous allons devoir essayer de retrouver certains magasins qui ont disparu pour le moment et qui sont peut-être en train de se réinstaller ailleurs.
Nous habitons assez près d'un grand parc naturel (mais jusqu'à présent nous n'en avons pas beaucoup profité pour aller observer des animaux).
Ce que nous avons découvert c'est que ce parc sert aussi de refuge à des braqueurs qui attaquent des véhicules pour voler de l'argent ou des objets précieux. La circulation routière entre chez nous et le nord du pays est dangereuse la nuit.
Récemment les autorités ont augmenté les patrouilles le long de la route et la route elle-même est bloquée la nuit pour éviter que les chauffeurs de taxi et les chauffeurs routiers ne soient exposés à des attaques.
Or il y a un barrage qui se trouve à quelques centaines de mètres de chez nous. On se dit donc que l'on est proche de la police ce qui est un point positif.
On s'est aussi rendu compte que l'on a des anges gardiens qui passent la nuit le long de notre propriété. En effet, les chauffeurs routiers qui ne peuvent pas circuler cherchent à passer la nuit près du barrage pour pouvoir repartir le plus vite possible le matin.
On a donc des files de camions qui nous protègent dans la nuit.
La contrepartie est que nos fins de nuit sont sonorisées par le bruit des moteurs qui redémarrent et attendent de pouvoir partir, par le bruit des klaxons des bus qui essaient de doubler les camions, par le bruit des klaxons des camions rapides qui veulent dépasser les camions lents, par les cris des chauffeurs etc.
En tous cas, à défaut de sommeil calme on a la sécurité.
La photo est celle d'une file de camions et de bus qui se préparent à partir le matin (j'ai augmenté la luminosité pour que l'on distingue un peu les véhicules).
Pendant les années 2013-2014 je parvenais à mettre à jour régulièrement ce blog. J'avais même essayé de publier un post par semaine. Depuis le retour au Bénin je n'y suis pas parvenu à maintenir un tel rythme (loin s'en faut). A cela il y a plusieurs raisons mais une domine et est le sujet de ce post: les difficultés croissantes à accéder à internet.
Il y a un risque à écrire: "les difficultés croissantes à accéder à internet". En effet pour beaucoup cela peut signifier ne pas parvenir à télécharger un film; ne pas parvenir à regarder les dernières vidéos importantes sur YouTube en HD ...
Dans notre cas, "les difficultés croissantes à accéder à internet" signifient ne pas parvenir à envoyer un mail après cinq tentatives.
Lorsque nous sommes arrivés au Bénin en 2009 c'était difficile de se connecter. Petit à petit on a vu la situation et la connexion s'améliorer. En 2015 on arrivait à se débrouiller même à la maison et on savait que la 3G était à quelques kilomètres de chez nous (lire ici).
Si dans les premiers mois après notre retour les choses allaient (on devait quand même se déshabituer de la connexion en Europe), depuis deux ou trois mois c'est devenu difficile. C'est devenu difficile au point où déposer les évaluations scolaires des enfants est compliqué, leur faire faire des activités de soutien l'est encore plus ...
Les raisons de ces difficultés sont assez simples: de plus en plus de gens utilisent internet et les réseaux (notamment 2G - ceux que nous utilisons) ne sont plus la priorité.
Par contre, les améliorations ne risquent pas de venir avant longtemps (c'est mon pessimisme naturel qui parle).
Je viens corriger une erreur qui se trouve dans mon dernier post (Or blanc et les problèmes qui vont avec). A la fin de ce post je mentionnais qu'il y avait beaucoup d'incendies de tas de coton dans notre région mais précisait que, selon ce que m'avait dit un de mes amis, c'était des accidents plutôt que des actes de malveillance.
Même après avoir écrit cela j'avais un doute quant au fait d'avoir bien compris ce que me disait mon ami car la discussion se passait en monkolé. Pourtant je me souvenais qu'il m'avait donné des exemples de tas qui avaient accidentellement brûlés.
Hilary a eu l'occasion de reparler de cela avec notre pasteur qui est aussi un de ses collègues de travail et il a dit que beaucoup de ces incendies étaient d'origine criminelle. Je pense que l'ami avec lequel j'avais parlé ne voulait pas trop insister sur ce point et préférait parler des accidents.
Une des choses qui paraît terrible c'est que mettre le feu à un tas de coton n'a aucun intérêt pour celui qui le fait. En effet on ne gagne rien à brûler du coton.
Dans le même temps, la personne dont le tas a brûlé perd toute sa récolte et se retrouve avec des dettes car elle a acheté les graines et les intrants (engrais et insecticides) à crédit. Ces frais sont débités du produit de la vente de la récolte.