lundi 16 mars 2015

Entre expats

Il y a quelques jours, un marchand du marché de Kandi avec lequel Hilary a sympatisé est venu nous visiter.

C'est un jeune homme ghanéen qui s'est installé à Kandi il y a quelques mois à l'invitation de son frère.
Une des raisons de sa venue à Kandi est de pouvoir gagner de l'argent en vue de son mariage.
Autant Hilary que moi avons été un peu surpris que le marché de Kandi soit un endroit où on puisse gagner autant d'argent. En discutant avec cet ami, il est apparu que depuis qu'il est à Kandi, il n'a presque pas d'occasions de dépenser de l'argent à la différence de quand il vivait à Accra.

Ce qui était aussi intéressant c'est que comme nous c'est un expatrié. Il a dû apprendre à parler les langues qui sont utilisées au marché (encore que nous n'avons eu qu'à apprendre le monkolé).
Cependant, il nous a aussi dit que son père a émigré du Niger au Ghana. Il parle le Zerma et peut donc sans difficulté communiquer au marché où la langue principale est le Dendi apparenté au Zerma.

Enfin, c'est intéressant de voir que dans notre région il y a des gens qui vivent sans voyager loin. Certaines personnes du village parlent de faire un déplacement à Malanville comme s'ils faisaient un long voyage.
Mais d'autres, comme ce jeune homme, voyagent facilement et régulièrement entre les pays de la sous-région (Niger, Bénin, Burkina, Togo, Ghana) souvent d'ailleurs pour des raisons d'affaire ou de commerce.

lundi 9 mars 2015

Les choses changent (5): transition vers le numérique

A la fin de l'année dernière je devais faire développer des photos. J'avais entendu dire que c'était possible de faire cela à Kandi donc je me suis à la recherche d'un endroit pour développer les photos numériques.

En demandant à quelqu'un on m'a indiqué un endroit qui est là où se trouve le photographe. Le bâtiment où se trouve le photographe ne paie pas de mine. La peinture de la façade est très écaillée et on discerne encore que c'est bien la boutique d'un photographe.

Je suis entré dans la première pièce qui est là où se trouve l'accueil. Il y a des présentoirs très vides avec quelques rouleaux de films et quelques cadres vides. Quand j'ai demandé si je pouvais faire développer des photos on m'a dit que c'était possible et on m'a conduit dans une autre pièce où je vois un jeune homme avec travaillant derrière un ordinateur avec deux écrans. J'ai pu donner une clé USB pour faire développer mes photos.
J'ai aussi vu une troisième pièce, climatisée dans laquelle il y a une grande machine qui permet de développer les photos.



Ce qui m'a amusé dans ce magasin c'est que la succession des pièces illustre l'évolution vers le numérique.

Et apparemment il semble qu'il y ait un flux régulier de clients qui viennent faire développer des photos. Il est fort possible que le développement de l'usage des smartphones va encourager cela.


P.S.: pour d'autres posts sur les changements, lire ici à propos des casques de moto, à propos de la surcharge des camions et à propos du gaz et enfin lire sur la banque.

mercredi 4 mars 2015

Progrès et absence de progrès

Je ne me souviens quasiment jamais de mes rêves mais il y a quelques jours j'en ai fait un que j'ai retenu et dont je suis un petit peu fier. J'ai rêvé partiellement en monkolé.
Dans mon rêve plusieurs des mes amis du village étaient présents, ils parlaient en monkolé et je comprenais ce qu'ils disaient. Après plus de cinq ans ici je suis assez content de pouvoir introduire un peu de monkolé dans mes rêves!

Si ce rêve est encourageant au niveau des progrès linguistiques, il y a encore des domaines où je peux encore faire des progrès. Un de ceux-ci concerne la chasse aux serpents. Il y a quelques jours, j'allais chercher de l'eau dans un des maisons de notre propriété (maison où une amie logeait pour le week-end) et en ouvrant une porte je vois un serpent qui s'enfuit. Après quelques minutes de réflexion, et connaissant mes limites j'ai téléphoné à un ami qui est venu le repérer et le tuer.
On dit que c'est en forgeant que l'on devient forgeron. Je ne sais pas encore comment je vais pouvoir progresser à la chasse au serpent!

lundi 2 mars 2015

Saison des feux

Il y a quelques jours, alors qu'on était à l'école un des garçons dit "Papa, regarde la grande fumée!" Je regarde par la fenêtre et je vois alors une grande colonne de fumée derrière notre maison.
Depuis le début de la matinée on voyait un feu de brousse se diriger vers nous et comme il y avait pas mal de vent ce n'était plus un feu sous contrôle.

A cette période de l'année certains jours le vent souffle assez fort et certains se lancent un peu inconsciemment à brûler les champs ce qui entraîne des feux parfois spectaculaires.
Cependant je savais aussi qu'il y avait peu de risques pour nous car j'ai pris soin avec l'aide de plusieurs personnes de débroussailler tout autour de notre propriété.



Photo (pas très spectaculaire) du feu au nord de notre propriété

En fin de matinée, il a quand même fallu agir car le feu se dirigeait vers la station-service artisanale qui se trouve près de chez nous (lire ici pour plus de détails). On imagine facilement que le passage d'un feu près d'un local plein de bidons d'essence aurait été catastrophique à tout le moins.

Un de nos traducteurs est allé parler avec le jeune homme qui s'occupe de la station et ils ont essayé de battre les flammes avec des branches d'arbres mais le feu était trop fort.
Finalement, ce même traducteur et moi nous nous sommes relayés pour jeter de l'eau sur les flammes et petit à petit contrôler le feu. Plusieurs personnes sont aussi venues nous aider et s'assurer que l'on aurait pas d'autres départs de feu dans la suite de la journée.

dimanche 22 février 2015

Consommation d'eau chez nous et dans le monde

Un des garçons a travaillé ces dernières semaines sur la consommation d'eau. Un des premiers exercices à faire était de calculer sa consommation quotidienne. Pendant une journée on a donc cherché à mesurer le plus précisément possible la consommation d'eau. Ensuite, il a fallu calculer la consommation quotidienne pour une personne.

Voici quelques idées qui me sont venues au cours de cet exercice.

La consommation de l'enfant qui faisait l'expérience est de 57 litres d'eau par jour et cela comprend la consommation d'eau pour la lessive, la cuisine et l'arrosage des plantes. Ce chiffre est assez cohérent avec la consommation de la famille et la durée de vie de notre réserve d'eau (environ trois jours avec une cuve d'un peu moins d'un mètre cube d'eau).

Le manuel du CNED disait que la consommation moyenne d'un français est de 200 litres par jour donc bien au-dessus de ce que fait notre enfant.
D'après une autre partie de la leçon, la consommation d'eau dans notre région est autour de 50 litres par jour et par personne donc le chiffre que l'on a trouvé n'est pas si éloigné que cela.

Ce qui m'a aussi intéressé c'est de voir que le manuel n'est pas tout à fait juste dans l'analyse de la consommation d'eau à l'échelle mondiale.
Un exercice fait comparer la consommation d'un américain, d'un français et d'un africain et dans ce dernier cas on a une photo d'un puit dans une zone aride du Mali. Ce qui est sous-entendu (ou tout au moins ce qui risque de l'être) c'est qu'on consomme peu d'eau au Mali du fait de la proximité du désert. Ce que j'ai remarqué
là où nous vivons c'est que les gens consomment des quantités importantes d'eau et que la limite à leur consommation est surtout l'effort pour trouver l'eau. En effet, l'eau ne vient pas d'un réseau mais il faut aller à la pompe ou au puit, remplir les bassines et les ramener à la maison. Je pense parfois que s'il y avait l'eau courante au village (et non pas des puits), la consommation augmenterait rapidement (si tant est que les réserves d'eau soient suffisantes).

lundi 16 février 2015

Ralliement de jeunes de Kandi (2) - mes impressions

Comme indiqué dans un post précédent (lire ici) j'ai fait un exposé sur le thème du travail il y a de cela quelques semaines.
Dans l'ensemble tout s'est bien passé et il y a quelques petites choses que je garde en mémoire par rapport à cette journée.

Le ralliement devait commencer à 8h00 et les annonces faites à l'église disaient qu'il fallait impérativement être là le plus tôt possible.
J'avais prévu d'arriver un peu après 9h00 et j'étais l'un des tout premiers là. Seul m'avait devancé le président du comité d'organisation qui est ensuite allé faire une course en ville. Petit à petit les chorales sont arrivées puis les personnes qui venaient entendre l'exposé. La réunion a commencé à 10h mais elle s'est finie à l'heure, les organisateurs ayant réussi à gagner un peu de temps à droite et à gauche.

Une des particularités de ce ralliement c'est que si l'exposé est fait en français il y a besoin de traduction en plusieurs langues nationales. Dans le passé il y avait des traductions en monkolé, baatonou et peul.
Cette fois-ci la traduction était faite en monkolé et baatonou. Cela veut dire que faire l'exposé prend du temps. Ma connaissance du monkolé me permettait aussi de contrôler la traduction en cours d'étape.
Cela dit, dès les premières minutes un de mes traducteurs se faisaient reprendre par quelqu'un dans l'assistance car il m'avait mal traduit.



Les deux traducteurs, l'animateur et l'orateur (de gauche à droite)

Enfin, il y a après l'exposé une séance de questions-réponses ce que je trouve toujours intéressant sauf que parmi les questions il y a toujours une ou deux personnes qui prennent la parole pour se plaindre ou soumettre une doléance (comme les gens disent facilement). Cette fois-ci il y a eu, au cours de la séance de questions-réponses un débat sur la question des frais de participation.

Les échos ont été positifs. Il y a quelques jours, deux représentants du comité d'organisation sont venus me présenter les remerciements de la part de tout le comité ce que j'ai trouvé très gentil.

lundi 9 février 2015

Ralliement de jeunes de Kandi (1)

Le samedi 31 janvier dernier j'étais l'orateur au ralliement des jeunes de Kandi. Ce ralliement est organisé pour les jeunes des églises UEEB de la commune de Kandi et il a lieu trois ou quatre fois par an.

Le thème de mon exposé était "l'enfant de Dieu et le travail". C'est un thème qui m'intéressait et c'est aussi un thème qu'il me paraissait important de traiter. En effet, dans les milieux où j'évolue au Bénin, les chrétiens ont facilement tendance à considérer que seul ce qu'on fait pour l'église a de la valeur.

Je ne vais pas copier mes (nombreuses) notes mais voici trois citations d'un article de Tim Keller que j'ai utilisé dans ma conclusion (Keller, Timothy, 'Comment la foi influence-t-elle notre travail ?', Évangile 21, 17 novembre 2014).
  • « la foi chrétienne nous donne une nouvelle conception du travail comme étant un moyen par lequel Dieu aime et prend soin de sa création à travers nous »
  • « tout travail, aussi modeste qu'il soit, a une grande dignité. Nous sommes les mains de Dieu et il nous confie l'entretien sa création »
  • « un moyen de plaire à Dieu par notre travail est de le faire correctement »

Deux autres articles intéressants sur ce sujet: