Je poursuis ma présentation des plats que l'on mange régulièrement (pour une introduction, lire ici).
Certains plats sont saisonniers c'est-à-dire que l'on ne peut les manger que dans certaines saisons. C'est le cas des plats à base d'ignames.
Dans le nord du Bénin, on trouve les ignames nouvelles à partir des mois juillet ou août et elles conservent assez bien pendant plusieurs mois. Cependant, à partir de avril il est plus difficile d'en trouver de bonne qualité. Il y a donc des périodes pendant lesquelles on ne mange plus d'ignames.
Il existe un grand nombre de variétés d'ignames.
Certaines peuvent être pilées mais d'autres se mangent plutôt bouillies. Dans ce cas elles peuvent être coupées en gros morceaux et mangées avec de la sauce (comme sur la photo).
Il m'est parfois arrivé de les couper en morceaux encore plus petits et de les sauter. Je n'ai pas encore lancé cela comme plat même si les frites d'ignames existent déjà.
Les autres plats présentés dans cette série sont: akassa, ouaké, igname pilée, les pâtes et les plats de riz.
jeudi 31 juillet 2014
dimanche 27 juillet 2014
Marque d'appréciation?
Avec la saison des pluies commence une sorte de compétition dans notre propriété, compétition dans laquelle j'essaie de vaincre les herbes qui poussent très très rapidement.
J'ai essayé les désherbants chimiques qui sont assez efficaces mais malheureusment ils laissent les herbes au sol. Récemment, je me suis mis à sarcler c'est-à-dire à enlever les herbes à la houe. Alors que je travaillais, une dame qui travaille pour nous me dit, après m'avoir salué "ì sisi amanɛ dũdũ" (tu copies / imites un homme noir).
Je suis sûr qu'elle ne faisait pas référence à mon costume (tout de noir vétu) mais plutôt à mon activité.
Je ne pense pas que mon imitation a été des meilleures car ce travail a été difficile et à mis mes muscles à rude épreuve. Mais le résultat final était satisfaisant, les herbes étaient éliminées. Eve en est d'ailleurs très contente car elle peut se promener sans avoir l'impression de devoir lutter contre la brousse.
P.S.: quelques jours après un jeune homme est venu proposer ses services pour sarcler et il a fait une grande partie du sarclage.
J'ai essayé les désherbants chimiques qui sont assez efficaces mais malheureusment ils laissent les herbes au sol. Récemment, je me suis mis à sarcler c'est-à-dire à enlever les herbes à la houe. Alors que je travaillais, une dame qui travaille pour nous me dit, après m'avoir salué "ì sisi amanɛ dũdũ" (tu copies / imites un homme noir).
Je suis sûr qu'elle ne faisait pas référence à mon costume (tout de noir vétu) mais plutôt à mon activité.
Je ne pense pas que mon imitation a été des meilleures car ce travail a été difficile et à mis mes muscles à rude épreuve. Mais le résultat final était satisfaisant, les herbes étaient éliminées. Eve en est d'ailleurs très contente car elle peut se promener sans avoir l'impression de devoir lutter contre la brousse.
P.S.: quelques jours après un jeune homme est venu proposer ses services pour sarcler et il a fait une grande partie du sarclage.
dimanche 13 juillet 2014
Dust bowl, sécheresse
David Shukman, journaliste à la BBC a écrit un blog post intéressant sur la sécheresse en Arkansas aux Etats-Unis et les risques de disparition des sols que cela entraîne ('Oklahoma drought kindles spectre of 1930s 'Dust Bowl'' lire ici, en anglais). Sans pour autant dire que je comprends tout le stress que cette situation représente pour les agriculteurs de cet état, vivre dans le nord du Bénin m'a permis de découvrir comment dans certains milieux l'environnement peut être très fragile.
Quelques phrases de ce blog post pourraient s'appliquer ici:
En tous cas, après quelques semaines d'incertitude, les pluies semblent se mettre en route petit à petit. Un des problèmes cependant est qu'ici les pluies sont très localisées et que si elles ont été bonnes ces derniers jours au village, pour certains dont les champs sont à quelques kilomètres cela n'a pas été le cas.
Quelques phrases de ce blog post pourraient s'appliquer ici:
- "All too often here, when the land is baked dry, the winds can strip away an inch of precious topsoil in as little as 24 hours, soil that has taken centuries to form." A chaque fin de saison chaude, nous avons des petites tempêtes de poussière qui sont spectaculaires mais qui sont aussi de la terre des champs qui est arrachée.
- "The technique of "no-till" agriculture - in which ploughing is avoided and stubble is deliberately left standing in fields - reduces the amount of farmland exposed to the winds." Un des problèmes que l'on voit ici est qu'il y a de moins en moins d'arbres et que les étendues exposées au vent sont de plus en plus importantes.
En tous cas, après quelques semaines d'incertitude, les pluies semblent se mettre en route petit à petit. Un des problèmes cependant est qu'ici les pluies sont très localisées et que si elles ont été bonnes ces derniers jours au village, pour certains dont les champs sont à quelques kilomètres cela n'a pas été le cas.
lundi 7 juillet 2014
30 ans à célébrer
Il y a de cela quelques semaines j'étais à un mariage et pour plusieurs raisons c'était l'un des plus beaux mariages auquel j'ai assisté. Une des raisons est qu'à un moment de la cérémonie, notre pasteur a mentionné que lui et sa femme allaient célébrer leurs 30 ans de mariage.
J'ai trouvé cela très touchant et surprenant. En effet, il est très rare que nos amis mentionnent leurs anniversaires de mariage.
Dimanche dernier, notre pasteur et sa femme ont donc organisé une petite célébration histoire de fêter avec les gens de l'église leur trentième anniversaire de mariage. C'était un beau moment et on était très heureux d'être là.
On en a profité pour faire une photo de Samuel et Hélène.
Il y a deux choses intéressantes quant à cette photo:
Enfin, ce post est une occasion de rendre hommage à Samuel et Hélène qui depuis quatre ans nous aident beaucoup et dans beaucoup de domaines (garde des enfants, apprentissage de la langue et de la culture, entretien de la maison et de la propriété, traduction etc... la liste est très longue).
J'ai trouvé cela très touchant et surprenant. En effet, il est très rare que nos amis mentionnent leurs anniversaires de mariage.
Dimanche dernier, notre pasteur et sa femme ont donc organisé une petite célébration histoire de fêter avec les gens de l'église leur trentième anniversaire de mariage. C'était un beau moment et on était très heureux d'être là.
On en a profité pour faire une photo de Samuel et Hélène.
Il y a deux choses intéressantes quant à cette photo:
- Tout d'abord, c'est rare que l'on voit des couples ensemble. Pour plusieurs des mes amis mariés, j'aurais du mal à reconnaître leur femme car on voit très rarement mari et femme ensemble.
- Ensuite, Hilary a réussi à les faire sourire tous les deux. Normalement, sur ce genre des photos les gens gardent toujours une pose très solennelle.
Enfin, ce post est une occasion de rendre hommage à Samuel et Hélène qui depuis quatre ans nous aident beaucoup et dans beaucoup de domaines (garde des enfants, apprentissage de la langue et de la culture, entretien de la maison et de la propriété, traduction etc... la liste est très longue).
dimanche 29 juin 2014
Costumes et occasions spéciales
Ici, comme partout, dès qu'il y a une occasion de réjouissance, tout le monde s'habille bien et se fait confectionner de beaux costumes.
Il y a aussi des occasions qui sont moins festives mais dans lesquelles on fait l'effort de bien s'habiller. J'ai réalisé cela il y a quelques temps quand je suis allé présenter mes condoléances à des familles suite à un décès au village. Avant de quitter la maison je me suis changé pour mettre des habits un peu plus distingués que mes habits quotidiens (j'ai fait la même chose avant d'aller à la banque il y a quelques jours).
Une de nos meilleures amies nous a aussi dit que dès qu'elle voyage, elle met un bel ensemble pour le voyage même si c'est dans un taxi surchargé voyageant sur des pistes poussiéreuses qu'elle se déplace.
Et puis, j'ai aussi plusieurs fois vu des mécaniciens me ramener la voiture après des travaux et me présenter la facture en étant en habit de ville.
Je crois que dans ces derniers cas, le fait de mettre des habits soignés (et pas nécessairement de fête) est une marque de respect pour les personnes auprès desquelles on se déplace.
À propos de fête, la photo a été prise lors du dernier Noël et chacun(e) est en habit de fête.
Il y a aussi des occasions qui sont moins festives mais dans lesquelles on fait l'effort de bien s'habiller. J'ai réalisé cela il y a quelques temps quand je suis allé présenter mes condoléances à des familles suite à un décès au village. Avant de quitter la maison je me suis changé pour mettre des habits un peu plus distingués que mes habits quotidiens (j'ai fait la même chose avant d'aller à la banque il y a quelques jours).
Une de nos meilleures amies nous a aussi dit que dès qu'elle voyage, elle met un bel ensemble pour le voyage même si c'est dans un taxi surchargé voyageant sur des pistes poussiéreuses qu'elle se déplace.
Et puis, j'ai aussi plusieurs fois vu des mécaniciens me ramener la voiture après des travaux et me présenter la facture en étant en habit de ville.
Je crois que dans ces derniers cas, le fait de mettre des habits soignés (et pas nécessairement de fête) est une marque de respect pour les personnes auprès desquelles on se déplace.
À propos de fête, la photo a été prise lors du dernier Noël et chacun(e) est en habit de fête.
samedi 21 juin 2014
Encore des camions
Je ne voudrais pas donner l'impression que je fais une série sur les camions et les accidents mais les faits semblent têtus: il y a beaucoup d'accidents de camions.
La preuve encore la semaine passée lorsque nous sommes arrivés à Parakou. La grande route qui traverse Parakou du nord au sud était bloquée par ceci:
On a pu passer sur le côté et se rendre compte que le tracteur de ce semi-remorque était à un angle de 45° avec la route. Comment il s'est mis dans cette situation, difficile à dire.
Et puis, il y a quelques jours, juste après une grande pluie, un camion s'est enlisé dans un champ juste à la sortie du village. La seule façon dont j'imagine qu'il ait pu faire cela c'est de partir en aquaplanning en voulant rouler sous la pluie avec des pneux lisses.
La photo n'est pas très bonne mais je voulais donner une idée de la situation. Les objets jaunes sont les bidons d'huile que le camion transportait et qui ont été retirés de la remorque pour permettre de sortir le camion.
La preuve encore la semaine passée lorsque nous sommes arrivés à Parakou. La grande route qui traverse Parakou du nord au sud était bloquée par ceci:
On a pu passer sur le côté et se rendre compte que le tracteur de ce semi-remorque était à un angle de 45° avec la route. Comment il s'est mis dans cette situation, difficile à dire.
Et puis, il y a quelques jours, juste après une grande pluie, un camion s'est enlisé dans un champ juste à la sortie du village. La seule façon dont j'imagine qu'il ait pu faire cela c'est de partir en aquaplanning en voulant rouler sous la pluie avec des pneux lisses.
La photo n'est pas très bonne mais je voulais donner une idée de la situation. Les objets jaunes sont les bidons d'huile que le camion transportait et qui ont été retirés de la remorque pour permettre de sortir le camion.
lundi 16 juin 2014
Exode vers les champs, salutations et santé publique
En monkolé il y a trois formules principales que l'on utilise lorsqu'on quitte quelqu'un. J'en ai peut-être déjà parlé mais je le rementionne ici:
Cet après-midi je suis sorti faire une course et en sortant je croise une dame du village qui porte diverses choses sur la tête. On se salue et je lui dit juste avant de poursuivre mon chemin "I gbe bii i kɔ̃ɔsi.". Cette dame me répond "I gbe ala akã."
J'ai tout de suite compris pourquoi elle me disait cela (au lieu de me répondre "I gbe bii i kɔ̃ɔsi"). En effet, cette femme portait plusieurs seaux et bassines ainsi qu'une natte. Cette femme est en train de partir au champ pour les travaux agricoles et elle va rester là un certain temps et me dit donc 'à dans deux jours - ou plus'.
Les travaux agricoles ont commencé et beaucoup de gens au village partent dans les fermes. Les fermes sont des abris temporaires car certains ont des champs à dix ou vingt kilomètres du village. Ils (hommes, femmes et enfants) vont y passer plusieurs semaines ne rentrant pas souvent au village.
Cette migration vers les fermes posent aussi des difficultés en terme de santé. Ainsi, il y a quelques jours il y a eu une nouvelle campagne de vaccination contre la polio. Que des familles soient dans leurs fermes fait qu'il est plus difficile d'atteindre les enfants.
Et une amie infirmière nous a malheureusement appris que parfois les gens négligent de prendre des moustiquaires avec eux ce qui augmente l'exposition au palu alors qu'on est en saison des pluies.
- 'I gbe bii i kɔ̃ɔsi' qui signifie à tout à l'heure. C'est la formule qu'on utilise le plus souvent au cours de la journée car vivant dans un village il est très vraisemblable qu'on revoit la même personne à un autre moment.
- 'I gbe ala' qui signifie à demain (littéralement 'ça reste demain') qu'on emploie plutôt en fin de journée quand on pense qu'on ne reverra pas cette personne avant le lendemain.
- 'I gbe ala akã' qui signifie à un autre jour (littéralement 'ça reste deux jours' - deux jours étant une période de temps de 2 jours jusqu'à un an) qu'on emploie plutôt quand on ne sait pas quand on reverra cette personne.
Cet après-midi je suis sorti faire une course et en sortant je croise une dame du village qui porte diverses choses sur la tête. On se salue et je lui dit juste avant de poursuivre mon chemin "I gbe bii i kɔ̃ɔsi.". Cette dame me répond "I gbe ala akã."
J'ai tout de suite compris pourquoi elle me disait cela (au lieu de me répondre "I gbe bii i kɔ̃ɔsi"). En effet, cette femme portait plusieurs seaux et bassines ainsi qu'une natte. Cette femme est en train de partir au champ pour les travaux agricoles et elle va rester là un certain temps et me dit donc 'à dans deux jours - ou plus'.
Les travaux agricoles ont commencé et beaucoup de gens au village partent dans les fermes. Les fermes sont des abris temporaires car certains ont des champs à dix ou vingt kilomètres du village. Ils (hommes, femmes et enfants) vont y passer plusieurs semaines ne rentrant pas souvent au village.
Cette migration vers les fermes posent aussi des difficultés en terme de santé. Ainsi, il y a quelques jours il y a eu une nouvelle campagne de vaccination contre la polio. Que des familles soient dans leurs fermes fait qu'il est plus difficile d'atteindre les enfants.
Et une amie infirmière nous a malheureusement appris que parfois les gens négligent de prendre des moustiquaires avec eux ce qui augmente l'exposition au palu alors qu'on est en saison des pluies.
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